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Une société inégalitaire

La République dominicaine est un paradis pour une petite minorité.. En 2003, la faillite du puissant groupe financier dominicain Baninter a mis en lumière les dessous d’un système de corruption.

 

En revanche, 42% des Dominicains vivent sous le seuil de pauvreté. Le chômage féminin s’élèverait à 26% (contre 9% pour les hommes). La plupart des paysans ont un maigre revenu et 60% d’entre eux disposent de moins de 3 hectares. Avec la signature d’un accord de libre échange avec les États-Unis, leur situation va encore empirer, car la production agricole va subir davantage la concurrence de l’agrobusiness nord-américain. Au bas de l’échelle se trouvent les travailleurs haïtiens et leurs familles, victimes de xénophobie et de mauvais traitements. Souvent assimilés à des Haïtiens, les Dominicains à la peau noire sont, eux aussi, victimes de discriminations.

 

Fuyant la misère, des milliers de Dominicains cherchent chaque année à gagner Porto Rico sur des embarcations de fortune, au péril de leur vie. D’autres prennent le chemin des États-Unis ou de l’Espagne. A Porto Rico notamment, nombre d’entre eux subissent le racisme et la surexploitation.

 

Dans le secteur du tourisme, les investisseurs étrangers ont profité des largesses de l’État et des bas salaires, ce qui leur permet de pratiquer des prix peu élevés. 4,4 millions de touristes étrangers fréquentent chaque année les plages de la République dominicaine. Elles sont devenues la première destination touristique des Français dans la région des Caraïbes. Les touristes français sont les touristes européens les plus nombreux avec plus de 300 000 visiteurs.

 

Les complexes touristiques constituent des enclaves au milieu de zones défavorisées, négligées par les autorités dominicaines qui ont, en outre, permis la destruction de forêts et de mangroves. Les infrastructures ont été concentrées sur les zones touristiques au détriment du développement des services publics (eau, électricité...) En matière d’éducation, la République dominicaine est en queue de peloton parmi les États latino-américains, selon le Programme des Nations unies pour le Développement (PNUD).

 

Dans les zones franches, les ouvriers (le plus souvent  des ouvrières)  sont soumis à des conditions de surexploitation. Les droits syndicaux y sont régulièrement bafoués. En 2004, les zones franches employaient 170 000 personnes et représentaient 80% des exportations. Un client presque unique : les É tats-Unis.

 

La République dominicaine cherche cependant à diversifier la provenance des investissements étrangers, afin  de rompre une relation quasi-exclusive avec les États-Unis. Ainsi, en 2004, les investissements français représentaient 450 millions de dollars avec 40 filiales d’entreprises implantées dans le pays. Il s’agit pour l’essentiel d’entreprises de services, comme Orange,(communications), Carrefour, Conforama (grande distribution), Accor, Club Med (hôtellerie, tourisme), Bouygues TP (construction), Arcelor (prospective minière), Total (produits pétroliers),  Outremer, Air France ou Altadis (l’ex-Seita), qui possède la plus grande usine de cigares faits à la main à la Romana.

 

Bouygues a utilisé de la main d’œuvre haïtienne pour construire le métro de Saint-Domingue, dont Alsthom a fourni le matériel roulant.

 

Le sucre représente également un intérêt financier pour des compagnies françaises. En effet, l’entreprise française SUCDEN qui contrôle près de 15% du marché mondial du sucre, a été le principal actionnaire du Consortium Sucrier Central, l’un des 5 plus grands groupes sucriers présents en République Dominicaine. En 2002, Ricardo Campollo, nouvel actionnaire guatémaltèque du consortium, déclarait : « Le groupe français est encore présent parce que nous lui devons de l’argent. Jean-Pierre Morgand, qui était le directeur de l’usine continue à nous accompagner à titre personnel. Nous avons décidé de le garder, compte tenu de ses capacités professionnelles. » (extrait de « Sur les traces des Braceros » - GARR Plate-forme VIDA, mai 2003)