Adhérents
devenez adhérent
Recherche

Situation des Haïtiens migrants

en Martinique et en Guadeloupe

source

Selon les derniers chiffres que nous avons, il y aurait 20 000 Haïtiens en Guadeloupe / St Martin et 5 000 en Martinique.

La majorité des Haïtiens de Guadeloupe (c'est aussi le cas pour St Martin et la Martinique) vivent  dans une situation de pauvreté, surtout ceux qui sont en situation irrégulière. Ils habitent chez d’autres Haïtiens ou des Guadeloupéens et payent leur hébergement en espèce ou avec leur force de travail. Certains leur accordent l’hébergement gratuitement par solidarité ou à cause d’une relation de famille (1). Pour vivre, ces personnes en situation irrégulière travaillent clandestinement, c’est-à-dire sur un marché de travail illicite, surtout

dans les champs de canne, dans les bananeraies, dans les cultures maraîchères et vivrières où certains habitent dans des cases ou des taudis. A cause de la chasse des policiers des frontières (la PAF) qui ont l’habitude de pénétrer dans ces cases à n’importe quel moment de la nuit, à la recherche des « sans papier », certains « clandestins » fréquentent ces cases pendant le jour et les abandonnent pendant la nuit pour dormir dans des cachettes ou sous des arbres. Certains de ces travailleurs en situation irrégulière nous ont confié qu’ils ont l’habitude de travailler de 6 heures du matin à 13 heures pour un salaire de 20 à 25 euros, ou de 6 heures du matin à 18 heures pour un salaire de 30 à 40 euros la journée. Mais, ordinairement, une journée de 7 heures de travail est payée à 50 euros pour les travailleurs « avec papier ». Le pire, certains patrons les font travailler pendant des mois, leur doivent entre deux à quatre milles euros et refusent de leur payer. Quand ils insistent pour leur dû, ces malhonnêtes patrons menacent de les dénoncer auprès de la police des frontières. Alors, par peur d’être expulsés, ces malheureux travailleurs renoncent à leur salaire. Une minorité d’Haïtiens, surtout des résidents, travaillent dans la construction des bâtiments et dans le petit commerce. A ceux-là s’ajoutent quelques professionnels haïtiens qui travaillent dans différents services sociaux de la Guadeloupe.

Ainsi, les immigrés haïtiens apportent une part considérable dans l’économie de la Guadeloupe. La présence des travailleurs haïtiens devient nécessaire dans l’agriculture guadeloupéenne. Si on enlevait la totalité de la main d’oeuvre haïtienne dans la coupe de canne à sucre, dans les bananeraies, dans les cultures maraichères, il y aurait un dysfonctionnement dans l’agriculture guadeloupéenne.

Cependant, les Haïtiens sont sujets à différentes sortes d’accusations en Guadeloupe. Les personnes qui n’aiment pas la présence des Haïtiens considèrent qu’ils envahissent la Guadeloupe, ils prennent leur travail et ramassent l’argent du pays pour envoyer à leurs parents en Haïti. Elles les accusent aussi de profiter des services sociaux de l’Etat (l’école, les services de la santé, la sécurité sociale, les allocations familiales, le logement, etc.) et d’empêcher aux citoyens guadeloupéens la jouissance de ces services. Ce sont de pareils clichés qui se véhiculent et qui alimentent des comportements discriminatoires contre les Haïtiens en Guadeloupe (2).

 

(1) Beaucoup de Guadeloupéens sont solidaires avec les Haïtiens ; ils les considèrent comme « des frères et des sœurs » qui sont obligés de laisser leur pays, à cause des problèmes politiques et économiques. C’est surtout ces personnes qui accueillent les Haïtiens et qui leur favorisent un travail pour un salaire plus ou moins juste. La culture haïtienne, surtout à travers la musique, l’art et l’usage de la langue créole, est très appréciée en Guadeloupe.

(2) Il convient de rappeler que la Guadeloupe demeure une terre d’accueil, mais ces indices de discrimination dérivent d’une tendance de xénophobie qui se manifeste dans la société guadeloupéenne. La tendance du rejet de l’autre ne vise pas seulement les Haïtiens, mais aussi les autres ethnies venant d’ailleurs comme les Chimois ou les Asiatiques, les Libanais, les Dominiquais, les Dominicains. Les Haïtiens sont plus visés parce qu’ils sont plus nombreux et sont en situation plus défavorisée.