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Situation des Haïtiens migrants

en France hexagonale

Aujourd’hui, dans la seule région d’Ile de France, le nombre d’Haïtiens est estimé à 22 000, selon le démographe Bogentson André. L’intégration des Haïtiens en France métropolitaine se réalise de trois manières différentes : par le marché du travail, par l’intermédiaire des associations et par l’acquisition de la nationalité. Si l’on observe la structure de l’emploi chez les ressortissants haïtiens en France, on observe que 70% des hommes sont des ouvriers, 70% des femmes sont employées ou aides-soignantes. Pour ce qui est de l’accession à la nationalité, 37,11% des personnes haïtiennes ont acquis la citoyenneté française en 1999. En 2000, elles étaient 1920 à obtenir des titres de séjour et 2744, en 2005.

Les situations de vie des Haïtiens en Guyane, Guadeloupe et métropole sont donc comparables et les différences existantes proviennent des spécificités des territoires sur lesquels ils se sont établis. Malgré tout, trois éléments caractérisent la diaspora haïtienne vivant sur les territoires concernés : les transferts financiers mensuels vers Haïti, le dynamisme de ses associations, et les difficultés administratives dont ses ressortissants sont l’objet.

Caractéristiques de la diaspora haïtienne en France hexagonale:

En effet, les transferts financiers effectués par la diaspora de France et d’ailleurs représentent environ 35% du Produit Intérieur Brut (PIB), d’après certaines études de la Banque Mondiale. Haïti reçoit effectivement, chaque année, entre 1,5 et 1,8 milliards de $ US, d’envoi de fonds. Ce montant dépasse l’aide internationale. Depuis l’an 2000, ces transferts représentent trois et même quatre fois la valeur des exportations haïtiennes et constituent le double du budget national. A ces chiffres officiels, il convient d’ajouter les envois financiers informels pouvant atteindre entre 35% et 75% des montants officiels. 31% des familles haïtiennes reçoivent des transferts financiers de la diaspora. C’est une évidence, l’aide financière de la diaspora est une planche de survie pour les familles haïtiennes. Cependant, aussi importante que cette contribution puisse paraître, elle n’a pas permis la création d’investissements productifs dans le pays. L’argent est souvent utilisé pour les dépenses immédiates : achat de nourriture, paiement de loyers ou de quelques mois de scolarité, cérémonies religieuses et funéraires, etc. Si pour l’heure, les transferts financiers ne sont pas encore coordonnés au point de financer le développement d’Haïti, cela ne signifie pas que la diaspora, elle, ne s’organise pas pour s’approprier les droits humains et pour accomplir ses devoirs de citoyen.

Sur chacun des territoires considérés, un important mouvement associatif communautaire est présent pour mener, sur la terre d’accueil, des actions de solidarité communautaire et de soutien dans des actions partenariales avec leur pays d’origine. En métropole et dans les territoires ultra-marins, le Collectif Haïti de France regroupe 80 associations françaises, composées de Français et/ou d’Haïtiens, et l’on comptabilise de manière générale jusqu’à 300 associations s’investissant dans la solidarité avec Haïti.

Un troisième caractère semble classer à part la diaspora haïtienne de France tant les difficultés liées à la situation administrative font souffrir ses membres. Ce problème est récurrent et participe à la stigmatisation des Haïtiens. Très souvent, la question des « papiers » est liée à l’état civil haïtien. En effet, les documents émanant des institutions de l’état civil haïtien sont suspectés de falsification, d’irrégularité par les autorités françaises. La situation des migrants, face à la mauvaise gestion de leur état civil, renvoie de manière plus générale à la question du rapport de l’individu haïtien à l’État et aux administrations. Il est à noter sur ce point que d’une part, les migrants haïtiens demeurent dans des schémas de négociations, notamment dans les démarches administratives, du fait de leur défiance par rapport au système judiciaire et administratif. Cette attitude s’explique par le fait qu’en Haïti, l’État de droit n’est pas respecté et les administrations paraissent peu fiables aux yeux de la population. Et il est permis de rappeler qu’en Haïti, de nombreuses personnes, notamment en milieu rural, vivent sans document d’identité et que le Groupe d’Appui aux Rapatriés et aux Réfugiés (GARR) [5]. cite le nombre d’un million de personnes dépourvues d’état civil.

D’autre part, les barrières qui jonchent le parcours imposé par les autorités françaises qui exigent des pièces authentifiées d’état civil éloignent et découragent la plupart des Haïtiens dans leur cheminement vers une régularisation administrative.

Il faut ajouter à ce tableau, les conséquences dramatiques du séisme du 12 janvier au cours duquel un grand nombre de documents ont disparu à jamais et l’impossibilité pour certains ressortissants, en conditions requises, de solliciter le regroupement familial.
Les observateurs avisés de la situation en Haïti, pensent qu’en matière d’état civil, les Consulats semblent très peu faire cas des institutions haïtiennes et ils constatent que des pratiques souvent discriminatoires, font apparaître un durcissement dans les conditions d’immigration. Sont notamment citées :