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Royal Bonbon

Najman, Charles
Film

Dvd - 2004 - environ 20€
 
« Au marché du Cap-Haïtien, capitale du nord et deuxième ville du pays, Charles Najman tombe sur un pauvre hère qui survit en ramassant des détritus et se prend pour le roi Christophe. C'est le déclic. Ce personnage réel, que la population du marché surnomme le « roi Caca », sera transformé en un plus présentable « roi Chacha » dans le scénario que le réalisateur commence à écrire. Lassé des railleries, le roi Chacha quitte le marché et la ville pour gagner le fameux palais de Sans-Souci, où il tentera de ressusciter son règne » (Télérama n° 2782 - 10 mai 2003)
 
C'est simple, naturel avec des acteurs et des actrices qui sont tous Haïtiens et Haïtiennes. Si c'était un challenge de la part de Charles Najman de réaliser son oeuvre dans un décor complètement dénudé et de mettre en scène que des autochtones, il ne doit pas être déçu. Car, la réplique lui a été donnée avec panache. En effet, il y a beaucoup de dignité dans le regard et la posture de ces paysans et paysannes, acteurs et actrices d'un jour, qui prennent la parole avec aisance pour exprimer leurs doléances en face d’un roi venu "pour rendre justice". De son côté, Dominique Batraville qui joue le rôle du Roi Henri Christophe, le fait avec tellement de talent, de constance, de décontraction et de naturel qu'il est tout simplement majestueux. Le film est rempli de références et d'allusions à l'histoire. Pas sûr qu'il soit accessible aux gens qui ne connaissent pas l’histoire haïtienne. C'est une comédie bouffonne, une parodie pour dire que jusqu'ici, dans ce pays, c'est la folie du pouvoir qui l'a toujours emporté sur le reste. Il y a de grands discours, des promesses, des blablablas qui ne débouchent sur rien. Le peuple crève de faim. Pas d'écoles, pas d'électricité, pas d'eau, pas de routes, etc.  Une seule préoccupation : l'accession au  pouvoir pour s'occuper de son nombril. En cela, le film est très proche de la dure réalité. On peut dire qu'il n’est pas très positif, à part les jeux de lumières dans l'obscurité, une petite organisation dans le maquis et l'apparition des écoliers à la fin du film qui laisse présager une lueur d'espoir. Ce n'était sans doute pas le but recherché. Plutôt que de proposer des solutions, le cinéaste semble vouloir faire prendre conscience d'un état de fait qui donne effectivement à réfléchir.