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03/07 GARR - PNRE : Un an après, plus de 130,000 immigrants haïtiens bénéficiaires sont dans une situation incertaine

PNRE :

Un an après, plus de 130,000 immigrants haïtiens bénéficiaires sont dans une situation incertaine

Plus de 130,000 immigrants haïtiens bénéficiaires du Plan national de régularisation des étrangers (PNRE) sont en passe d’être expulsés de la République Dominicaine. Car, le permis temporaire d’une année donnant droit aux ressortissants haïtiens de s’établir en territoire voisin arrive à expiration à partir du 18 juillet 2016, a appris le GARR.

Les immigrants haïtiens concernés par cette mesure devront se faire régulariser aux bureaux de la Direction générale de l’immigration dominicaine avant la date prévue, a précisé le Major général Rubén Darío Paulino Sem, directeur général de la migration dominicaine lors d’une intervention accordée à la presse dominicaine le week-end écoulé.

Ancien permis temporaire, certificat de non antécédent pénal, examen médical, frais de 14,000 pesos, sont entre autres les exigences faites aux ressortissants haïtiens dans le cadre du processus de régularisation.

Il convient de souligner que du 17 juin 2015, date à laquelle le PNRE a pris fin, à la deuxième semaine du mois de juin 2016, le GARR a observé une intensification des rapatriements. Au cours de cette période, ont été enregistrées 112,625 personnes qui ont traversé la frontière dans des conditions infrahumaines dont 69,677 retournés spontanés et 42948 rapatriés ; mis à part de milliers d’autres qui n’ont pas été enregistrées.

Cependant, faute de vrais programmes sociaux susceptibles de donner aux citoyens et citoyennes haïtiens le goût de rester en Haïti, beaucoup ne cessent, à leurs risques et périls, de se rendre en territoire voisin pour se faire tuer ou être victimes de maltraitance de la part des Dominicains.

Le cas le plus récent date du 13 juin 2016. Kénol Unise communément appelé Edson, un ressortissant haïtien de 29 ans, originaire de Cerca-la-Souce, a reçu deux projectiles à la cuisse droite provenant d’une arme d’un sergent dominicain dénommé Francisco Antonio Familia. L’agresseur qui était affecté au poste frontalier de Bánica, ville dominicaine de la province d’Elias Piña, a été rapidement transféré à un autre poste militaire en toute impunité afin d’être protégé par ses pairs.

Cet incident regrettable est survenu au moment où la victime se rendait du côté dominicain pour aller travailler dans une plantation dans la zone de Bánica. Un trajet qu’il effectuait au quotidien. Cependant, ce jour-là, l’accès lui a été refusé parce qu’il n’a pas voulu donner de l’argent au militaire dominicain. Ce dernier lui a tiré dessus après l’avoir agressé verbalement, selon les témoignages de certains témoins. Il a eu la vie sauve grâce aux démarches de ses parents qui l’ont transporté à un hôpital de San Juan. Son état de santé est jusqu’ici précaire, a informé un membre du Réseau Frontalier Jeannot Succès (RFJS).

Le GARR croit qu’il est temps que les gouvernements haïtien et dominicain adoptent des mesures visant à faire respecter les droits des travailleurs transfrontaliers haïtiens.

Il appelle l’Etat haïtien à œuvrer de commun accord avec les autorités dominicaines en vue de trouver un moratoire pour éviter l’aggravation de la crise migratoire si les migrants n’arrivent pas à satisfaire aux exigences des autorités dominicaines dans le délai d’un mois qui leur est imparti.