![]() | 13/10 | Le CHF milite pour une réforme de l'Etat Civil en Haïti et dénonce les exigences françaises en la matière
Pas de visa pour les Haïtiens : l'administration française ignore l'état du pays et se moque de la souveraineté des autorités.
Une lettre co-signée par de nombreuses organisations françaises et haïtiennes de défense des droits humains, de défense des migrants et de développement vise à alerter les autorités des deux pays afin que le citoyen haïtien ne reste pas la double victime qu’il est : d'une administration publique haïtienne défaillante et d'une administration française zélée jusqu'à l'absurde. Elle a été envoyée le 10 septembre en Haïti à : Monsieur Paul Denis, ministre de la justice et de la sécurité publique. Madame Marie Michelle Rey, ministre des affaires étrangères. Monsieur Edwin Paraison, ministre des Haïtiens vivant à l’étranger. Monsieur Jean-Wilfrid Bertrand, directeur des archives nationales d’Haïti. En France à : Monsieur Eric Besson, ministre de l’immigration, de l’intégration, de l’identité nationale et du développement solidaire. Monsieur Bernard Kouchner, ministre des affaires étrangères. Madame Marie Luce Penchard, ministre chargée de l’outre-mer auprès du ministre de l’intérieur, de l’outre-mer et des collectivités territoriales. Monsieur Jean-Luc Fabre, préfet de Guadeloupe. Monsieur Daniel Ferey, préfet de Guyane. Monsieur Ange Mancini, préfet de Martinique. Monsieur Jean-Pierre Guegan, consul-adjoint de France en Haïti. Monsieur Didier Le Bret, ambassadeur de France en Haïti.
Le séisme a entraîné une multiplication par cinq des demandes de visas pour la France, ce qui illustre clairement la nécessité vitale pour certains Haïtiens de trouver ailleurs des conditions de vie décentes. C'est pourquoi nous condamnons les exigences excessives de l’ambassade de France en Haïti en matière d’état civil, le faible cas qu’elle fait des institutions haïtiennes et les pratiques parfois discriminatoires, voire illégales, qu’elle met en œuvre, et notamment : · l’exigence cumulée d’un acte de naissance établi dans les deux années suivant la naissance et d’un extrait d’archives établi après le 1er février 2008 ; * la non-reconnaissance de la valeur juridique des jugements supplétifs de déclaration tardive de naissance prononcés par le juge haïtien ; Nous condamnons également ces mêmes pratiques opposées par de nombreuses préfectures, notamment dans les départements d’Amérique, aux démarches administratives des exilés haïtiens.
Nos organisations exigent des autorités françaises une remise en forme des listes de documents d’état civil haïtiens requis pour qu'elles soient conformes à l'exigence d'égalité de traitement des personnes. Elles demandent que cessent les abus de pouvoir des services consulaires et préfectoraux qui s’exercent au mépris de la souveraineté des autorités haïtiennes (officiers d'état civil, magistrats, archives nationales et consulats d'Haïti en France) et sont notoirement disproportionnées au regard de la situation du pays. Nos organisations s’adressent aux autorités haïtiennes pour qu'elles engagent une vraie réforme du système de l'état civil afin qu'il soit gratuit, accessible à tous et fiable, notamment en luttant contre les erreurs matérielles dans l'orthographe des noms et prénoms. Sans cette double démarche, le citoyen haïtien restera la double victime d'une administration publique haïtienne défaillante et d'une administration française zélée jusqu'à l'absurde.
Signataires Organisations haïtiennes GARR, Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés, Haïti JILAP, Commission Episcopale Nationale Justice et Paix, Haïti POHDH, Plateforme des organisations haïtiennes de droits humains, Haïti Organisations françaises ou franco-haïtiennes AIDE, Association pour l'intégration et le développement par l'école, Guyane. AMITI, Association des militants haïtiens pour l'intégration totale des immigrés. Anafé, Association nationale d’assistance aux frontières pour les étrangers. ASFMF, Association de soutien aux familles des Malades et de Formation, Guyane. Association des étudiants haïtiens de Guyane. Collectif contre la xénophobie, Guadeloupe. Collectif Haïti de France. Collectif haïtien de Guyane. Collectif MOM, Migrants outre-mer (ADDE : avocats pour la défense des droits des étrangers/AIDES/ CCFD : Comité catholique contre la faim et pour le développement/ Cimade : service œcuménique d’entraide/ Collectif Haïti de France/ Comede : comité médical pour les exilés/ Gisti : groupe d’information et de soutien des immigrés/ Elena : les avocats pour le droit d’asile/ Ligue des droits de l’homme/ Médecins du monde/ Mrap : mouvement français contre le racisme et pour l’amitié entre les peuple/ Secours Catholique/ Caritas France). Fédération d'Associations Franco-Haïtiennes de Guadeloupe. PAFHA, Plateforme des Associations Franco-Haïtiennes. RESF, Réseau Education sans Frontières. Soutien Sans Frontière de Guyane. Tet Kole, Guadeloupe |