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12/01 12 janvier 2010–12 janvier 2014

HAÏTI : 12 janvier 2010 – 12 janvier 2014

Oublier les morts serait mépriser les survivants !!!

Les victimes étaient des enfants, des femmes et des hommes fauchés en pleine vie, en pleine éclosion, en pleine croissance, en pleine espérance et peut-être en plein projet.

300 000 âmes qui s'éteignent et ce sont 300 000 corps à inhumer par des survivants blessés, hébétés, dépourvus de l'essentiel et obligés d'exister et de prévoir le lendemain.
Au bilan des êtres ensevelis, des biens détruits, des victimes handicapées et des conséquences inestimables, nous avions tous pensé et même promis que ce désastre ne devait plus se renouveler.

Mais qu'avons-nous fait ?
Avons-nous, acteurs solidaires avec nos partenaires haïtiens, apporté des solutions ?
Les acteurs politiques haïtiens ont-ils développé des stratégies pour combattre la pauvreté, réduire la misère, limiter l'ignorance et circonscrire l'incurie ?

L'aide internationale a-t-elle répondu aux attentes de la population ? Pouvait-elle : faire face aux nécessités de l'urgence , proposer la reconquête d'une souveraineté perdue et recréer les conditions d'un développement endogène et durable ?

La présence étrangère, qu'elle soit d'intention stabilisatrice (Minustha/ONU), d'intention coopératrice (ONG) et d'intention salvatrice (Groupes religieux), est-elle satisfaisante ? Le peuple haïtien a-t-il été dédommagé par ceux qui sont à l'origine de l' épidémie de choléra qui l'a touché et déprimé ?

A toutes ces questions nous sommes obligés de répondre NON. Non ! parce que ceux qui prétendaient aider Haïti ont failli ; non ! parce qu'ils n'ont pas su comprendre ce pays ; non ! parce qu'ils n'ont pas eu de projet de reconstruction et non ! parce qu'ils n'ont pas tenu leurs promesses. Ils ont oublié les morts et méprisent les survivants. L'aide humanitaire a rendu durablement vulnérable la population haïtienne, a aggravé sa dépendance envers l'extérieur et a ôté à la nation haïtienne toutes ses souverainetés.

Nous n'allons pas, nous sociétés civiles agissantes et résistantes, laisser faire et laisser périr. Nous allons poursuivre l'accompagnement technico-économique de nos partenaires; nous allons réactiver le soutien socio-éducatif à la jeunesse haïtienne ; nous allons continuer à investir dans le productif et le générateur de ressources et nous allons persister dans nos démarches de défense des droits humains et du droit à l'information.

Nous n'allons pas, à notre tour, oublier nos morts ni mépriser les survivants.

François-Frantz CADET
Secrétaire national du CHF*

*CHF : Collectif Haïti de France


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