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"Nulle part où aller" - Expulsions forcées dans les camps pour personnes déplacées d'Haïti

25/04/2013

Les expulsions forcées pratiquées à Haïti aggravent la situation déjà désespérée de milliers de gens qui vivent toujours dans des camps pour personnes déplacées, plus de trois ans après le séisme dévastateur de janvier 2010. Tel est le contact fait par Amnesty International à l’occasion du lancement d’un nouveau rapport, « Nulle part où aller » – Expulsions forcées dans les camps pour personnes déplacées d’Haïti.

Près de 1 000 familles ont été expulsées de force de leur logement entre janvier et mars cette année, ce qui constitue un revirement par rapport à la tendance observée en 2012, où les expulsions forcées étaient en baisse, d’après des chiffres de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Sur les plus de 320 000 personnes qui sont encore dans des camps, près d’un quart vivent sous la menace d’une expulsion forcée plus de trois ans après le tremblement de terre

Nous sommes face ici à des violations permanentes des droits humains, à l'origine de profondes souffrances. Les personnes qui ont été le plus touchées par le séisme sont celles qui vivent dans une extrême pauvreté, hébergées dans des camps dans des conditions épouvantables. Comme si cela ne suffisait pas, elles sont menacées d'expulsion forcée et, à terme, risquent de se retrouver de nouveau à la rue. Elles ont à chaque fois de plus en plus de mal à trouver un nouvel endroit où s’installer et les moyens de reconstruire leur vie.

Les expulsions forcées ne sont toutefois qu’un aspect des problèmes liés au droit à un logement convenable en Haïti.

Les conditions de vie dans les camps ne cessent de se dégrader. L’absence d’accès aux services comme l’eau potable, des installations sanitaires et la gestion des ordures augmente les risques de maladies infectieuses. En raison de l’insécurité qui règne dans les camps, les habitants, en particulier les femmes et les filles, vivent dans la crainte permanente d’être victimes de violences sexuelles.

Le logement était déjà un problème chronique en Haïti avant le séisme : d’après les estimations d’organisations internationales, il manquait 700 000 logements dans le pays (qui compte un peu plus de 10 millions d’habitants).

Conscient qu’il faut apporter une solution globale à la situation du pays dans ce domaine, le gouvernement haïtien met actuellement au point la première politique nationale du logement.

Les efforts importants déployés pour aider Haïti à se relever après le séisme sont l’occasion de résoudre le problème du logement dans le pays. Il est cependant indispensable que les autorités placent les droits humains au cœur de leurs projets de reconstruction.

« Nulle part où aller – Expulsions forcées dans les camps pour personnes déplacées d’Haïti » Ce rapport est basé sur trois missions d'enquête effectuées en Haïti par des délégués d'Amnesty International en 2011 et 2012. Ces trois visites étaient en priorité consacrées aux expulsions forcées et aux autres atteintes aux droits humains commises dans le contexte des déplacements de population survenus dans l'agglomération de Port-au-Prince au lendemain du tremblement de terre.

L’action contre les expulsions forcées s’inscrit dans le cadre de la campagne mondiale d’Amnesty International Exigeons la dignité, axée sur les atteintes aux droits humains qui font sombrer les gens dans la pauvreté et les y maintiennent. L’organisation se penche sur les violations subies par les personnes vivant dans des quartiers d’habitat informel et dans des bidonvilles, et demande à tous les gouvernements de mettre un terme aux expulsions forcées.



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