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Le développement doit d’abord être une démarche nationale

29/11/2012

P-au-P, 28 nov. 2012 [AlterPresse]


Au moment où les regards sont portés vers l’aide publique au développement (APD), le financement international ou l’aide humanitaire, l’organisme international Welt Hunger Hilfe (Agro-Action Allemande / WHH) et certains de ses partenaires proposent un autre point de départ : reforme institutionnelle nationale et renforcement des structures formant la société civile.

Il semble désormais venir le temps que « les citoyens haïtiens se chargent de leur destinée », soutient Bärbel Dieckman, présidente de la WHH au cours d’une séance de réflexion critique sur l’impact de l’assistance internationale aux pays pauvres du monde, notamment Haïti, tenue le 27 novembre à Pétionville (périphérie est de la capitale).

« Le temps est à l’action », une démarche qui doit commencer de l’intérieur avec le gouvernement et la société civile, renchérit la présidente.

Les échanges se sont déroulés sous le label « Haïti : vivre au-delà des urgences. Les haïtiens acteurs de leur propre développement ». Ils entrent dans le cadre des célébrations du 50 ème anniversaire de cet organisme allemand de coopération internationale qui investit le champ de l’agriculture.

Le secrétaire d’État à la production animale, Michel Chancy, qui prenait part aux débats, met sur la table l’une des principales limites de l’aide internationale et qui la rend non efficace : elle ne contribue pas au renforcement des institutions publiques haïtiennes surtout en les aidant à se prendre en main.

Une autre grande nécessité est celle pour les « dirigeants d’assumer leurs responsabilités », estime de son côté Gilles Damais, Chef des opérations de la banque interaméricaine (Bid ). Si les gouvernants parvenaient à jouer correctement leurs rôles, cela servirait à rendre « plus facile la coordination des interventions (étrangères) », avance-t-il.

Cette réailté serait l’une des causes de « l’échec » de la commission intérimaire pour la reconstruction (Cirh) mise sur pied après le séisme de janvier 2010, toujours d’après Gilles Damais.

Parallèlement, les organes représentant la société civile doivent également se constituer en force de pression pour contraindre le gouvernement à agir en faveur de la population, souligne le fonctionnaire international, qui travaille depuis longtemps en Haiti.

La gestion constante de crises naturelle, politique, sociale sont d’autres facteurs pointés comme étant gênants pour l’instauration d’une Haïti libérée des urgences.

Il faudrait, selon elle, cesser de se contenter des visions populistes à visée électorale, prendre conscience de la mauvaise gestion collective du pays et entreprendre les combats (entre autres) pour la protection de l’environnement et la sécurité alimentaire, propose t-elle.

Le dialogue permanent pour une anticipation et une meilleure gestion des conflits, le combat contre la corruption, dans le souci d’assurer une gestion transparente, l’orientation des financements vers la création d’entreprises capables de faciliter le plein emploi, sont d’autres actions impératives préconisées par Michèle Pierre-Louis pour sortir Haïti de la crise.

Une gestion de proximité, c’est-à-dire, une présence constante des institutions étatiques au niveau local est aussi conseillée par Duvivier Pierre-Louis, qui est rejointe à ce niveau par le secrétaire d’État à la coopération externe, Robert Labrousse. « Pas de développement sans que les zones rurales ne soient prises en compte », di-il. [srh kft gp apr 28/11/2012 9:50]



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