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L’affaire Brandt

12/11/2012


Haïti: l’affaire Brandt ou le prix symbolique
du fonctionnement social et économique de la bourgeoisie.

Quand l’écrivain Lyonel Trouillot se prononce sur la sordide affaire de Clifford Brandt : il est ridicule de dire que tous les bourgeois sont des criminels au sens juridique du terme. Le crime au sens pénal est un acte individuel, et c’est toujours un réflexe totalitaire de faire porter à une famille, un groupe, la responsabilité collective d’un acte criminel. La bourgeoisie haïtienne ne participe à aucune construction patrimoniale : ni salle de spectacle, ni monument, ni prix littéraire majeur, ni investissement dans la production du savoir…

Publié le jeudi 8 novembre 2012


Être républicain dans une République qui n’est pas !!

 

L’affaire Brandt suscite de nombreux commentaires. Quelques uns marqués par le réflexe d’auto défense de quelques bons bourgeois qui crient : nous ne sommes pas tous semblables. Les autres par le ressentiment d’une majorité criant : Non seulement ils possèdent tout mais, en plus, ils sont tous des criminels.

Dans cette république qui n’en est pas une, essayons malgré tout de rester républicain. S’agit-il d’un Brandt ou d’un Ti Guy Cius, toute personne a droit à un traitement digne de la part de l’État, et il faut rompre avec cette habitude de montrer au monde les visages des « présumés coupables ». Cela est odieux et irresponsable de la part des institutions d’État (police nationale, télévision nationale et autres). Ce qui est surprenant, c’est que quelques uns ne protestent contre ces vils traitements que lorsque cela arrive à qui l’on veut présenter aujourd’hui comme un enfant terrible de la bourgeoisie.

Il est aussi ridicule de dire que tous les bourgeois sont des criminels au sens juridique du terme. Le crime au sens pénal est un acte individuel, et c’est toujours un réflexe totalitaire de faire porter à une famille, un groupe, la responsabilité collective d’un acte criminel. Et dans des pays dits démocratiques, on sait les catastrophes auxquelles conduisent les amalgames du type musulman = terroriste… Ici, il n’est pas si loin le temps où l’on arrêtait un frère à la place d’un autre, une mère à la place d’un fils… La bourgeoisie haïtienne n’est pas spécialisée dans le kidnapping. Aucune classe sociale ne l’est.

Ce n’est pas républicain de transformer la criminalité en affaire de groupe. Laissons au pénal ce qui appartient au pénal. Ce n’est pas non plus républicain que des gens qui ont l’habitude de dire « moun sa yo », « yo tout se menm », « pèp la echwe » « les ouvriers haïtiens sont moins travailleurs que… » jouent à la vierge éplorée quand on leur renvoie les accusations collectives qu’ils ont l’habitude de lancer.

Et comment empêcher que la majorité ait cette vision collective de la bourgeoisie comme force malfaisante et prête à tout pour gagner des sous ! Ce que cette bourgeoisie commence ( mais tout juste) à payer, à l’occasion de cette sordide affaire criminelle, c’est le prix symbolique de son fonctionnement social et économique.

C’est qu’elle n’a pas la culture ni l’intérêt pour créer une école pour ses enfants, elle préfère les mettre chez les Français ou chez les Américains pour les éloigner des enfants haïtiens.

C’est son fonctionnement fondé quasiment sur un système de rentes qui ne donne même pas lieu à une véritable concurrence : chaque gouvernement a ses bourgeois qu’il favorise à charge de réciprocité.

C’est sa culture de comptoir : acheter et vendre, acheter et vendre. C’est son éloignement de la production du discours intellectuel et social. Il y a longtemps qu’elle n’a pas produit un intellectuel digne de ce nom, dont la pensée indiquerait de nouveaux paradigmes. Il y a longtemps qu’elle n’a rien à proposer à ce pays. Il y a longtemps qu’elle fait tout pour ne pas être haïtienne. Il y a longtemps qu’elle pratique l’endogamie et le sous-racisme. Il y a longtemps qu’elle prend et tourne le dos. Elle préfère Santo Domingo à Port-au-Prince, n’importe quel « blanc » à un normalien haïtien pour faire la classe à ses enfants. Elle préfère importer des conjoints plutôt que de se mêler au reste de la population. Elle ne participe à aucune construction patrimoniale : ni salle de spectacle, ni monument, ni prix littéraire majeur, ni investissement dans la production du savoir…

Elle ne contribue pas à la construction d’une éthique républicaine. Car, même quand elles les violent, les bourgeoisies sont obligées de proposer des normes républicaines. De faire comme si ce qu’elles proposent va dans le sens de l’intérêt général. Elles y ont été obligées par l’histoire, par la force des mouvements revendicatifs dans les sociétés capitalistes occidentales. La bourgeoisie haïtienne ne s’est jamais sentie obligée de faire semblant de proposer une éthique républicaine.

C’est aussi le fait que la bourgeoisie a souvent utilisé la corruption des clercs, du politique, des subalternes, pour maintenir ses privilèges. C’est tout cela qui fait la confusion entre le crime social et le crime pénal dans la sensibilité populaire, c’est tout cela qui fait qu’on la considère comme une « classe sans qualité » et qu’un acte commis par un amène à parler de « ils ». J’ai entendu quelqu’un dire : « ils ont enfin trouvé un domaine dans lequel ils font preuve de leadership ».

Mais demeurons républicain dans cette république qui n’en n’est pas une. Il ne s’agit pas d’intenter un procès pénal à la bourgeoisie pour kidnapping, et ne jetons pas l’anathème sur des individus pour des motifs de liens de sang ou de statut social. Le procès à intenter à cette bourgeoisie est autrement grave : la nature de son inscription dans la société haïtienne. Ce procès, il faut le faire sans haine, et il s’agira moins de juger des individus que de transformer des structures et des pratiques sociales.

Et ce que la société est en train de payer et de constater, c’est que, dans toutes les classes sociales, le banditisme est devenu pour un grand nombre d’individus l’instrument du maintien ou du transfert social, ou, presque banalement, la solution aux conflits privés avec un collègue, un voisin, un conjoint ou un concurrent… Le banditisme s’est répandu dans la société comme l’arme de l’individualité monstrueuse et désocialisée. Et cette désocialisation. cette bourgeoisie qui n’a d’haïtienne que l’origine de ses profits y a largement contribué.

Lyonel Trouillot

 


HAÏTI : L'incroyable histoire d'Oswald J. Brandt...
par Charles Dupuy*

«On ne peut étudier en profondeur l’histoire d’Haïti des années 1920 à 1970 -50 ans- sans analyser l’influence d’O. J. Brandt sur les hommes et sur les événements.» Cette réflexion est tirée du livre de Lyonel Paquin, Les Haïtiens, politique de classe et de couleur. Ancien consul d’Haïti au Costa-Rica, Paquin fut ministre du gouvernement éphémère de Daniel Fignolé, ministre conseiller de la mission permanente d’Haïti à l’ONU et, dans le cas qui nous occupe, c’est un proche allié des Brandt. Brandt était l’homme le plus riche d’Haïti, nous dit Paquin, il faut donc «étudier l’homme et ses activités avec une objectivité scientifique. Ce n’est pas une question d’aimer ou de ne pas aimer l’homme. C’est un personnage historique qui doit être traité comme tel». Et c’est exactement ce que nous avons l’intention de faire ici.

Oswald J. Brandt est né le 20 octobre 1890 à la Jamaïque. Il débarque en Haïti au retour d’exil de Milien Cator (le père de Sylvio Cator), d’Antoine Pierre-Paul, d’Edgar Néré Numa et de Marcelin Jocelyn [grand-père du ministre Jocelyn-Lassègue] dont il était le factotum, l’homme à tout faire à Kingston. Ses débuts en Haïti sont entourés de mystères. Nous savons néanmoins qu’il s’est établi dans la région des Cayes, qu’il épousa Thérèse Barthe, la fille de Jules Barthe, un citoyen Français, et de Julia André, une sœur du colonel Jules André. Arrivé dans la capitale, il ne tarde pas à se faire une réputation de champion imbattable aux courses de bicyclettes organisées chaque dimanche après-midi au Champ-de-Mars pour le plus grand bonheur des badauds. Sur la recommandation de ses amis Antoine Pierre-Paul et Milien Cator, le ministre des Finances de l’époque, M. Septimus Marius, le fait entrer comme employé de la Banque nationale d’Haïti. En 1919 il passait à la Banque Royale du Canada dont, en 1925, il devenait le directeur général.

En 1928, il quittait la Banque Royale pour se lancer dans les affaires et commencer sa fulgurante carrière industrielle et commerciale dans le pays. Pour expliquer cette opulence soudaine, certains l’accusent d’être l’organisateur clandestin de la série de hold-up dont avaient été victimes un peu plus tôt les fourgons blindés de la Banque Royale. En dépit des écrasantes preuves circonstancielles qui semblaient le désigner comme l’auteur probable de ces braquages, il n’y eut ni poursuite judiciaire, ni enquête policière. Quoiqu’il en soit, à la fin de la Deuxième Guerre mondiale, Brandt était déjà l’homme le plus riche d’Haïti. Assez riche en tout cas pour offrir une escadrille de chasse à la Royal Air Force. Brandt se disait Haïtien dans son cœur, s’exprimait aisément en français et plus encore en créole, mais, fidèle sujet de Sa Gracieuse Majesté, il ne renoncera jamais à sa nationalité britannique. À mesure que ses affaires prospéreront en Haïti, il réinvestira dans le pays, bien sûr, mais la majeure partie des liquidités qu’il amassait il les plaçait à la Jamaïque, au Honduras-Britannique, (Belize) aux îles Caïmans, dans les Bahamas, bref, ses capitaux, il les enfouissait bien à l’abri dans les paradis fiscaux.

C’est sous le régime d’Élie Lescot et à la faveur de la Deuxième Guerre mondiale que Brandt consolida définitivement son empire financier en Haïti. Lescot, on s’en souviendra, avait déclaré la guerre à l’Allemagne, à l’Italie et à l’Empire Nippon. Tous les biens des ressortissants de ces pays furent donc saisis par l’État et vendu aux plus offrants. C’est ainsi que la plus grande maison de commerce d’Haïti, la Reinbold, un immense conglomérat industriel et financier avec ses installations pour le traitement du café, du coton et du cacao, ses usines d’huile de cuisine et de savon, ses postes de vente et d’achats, ses biens meubles et immeubles, fut littéralement dépecé au profit de quelques opérateurs économiques privilégiés dont Oswald J. Brandt qui en reçut la meilleure part.

C’est à partir de ce moment que les affaires de Brandt prirent l’extraordinaire expansion qu’on leur connaît. On le retrouve alors partout, dans le domaine des assurances, de l’importation de produits pharmaceutiques, de voitures européennes, de biens de luxe et d’équipement pour, en peu d’années, devenir le champion toutes catégories de l’import-export dans le pays. Il fait l’acquisition de l’Usine à Mantèque, la principale productrice d’huile végétale et de savon à lessive sur le marché local. En 1948, avec les frères Bouez, il ouvre une filature de coton à Delmas pour fabriquer du gros siam. Pendant les années de guerre, il sera reconnu comme le patron indiscuté du fameux marché noir, ce juteux commerce illicite dans lequel il s’était lancé avec une ardeur extrême, ce qui explique, nous dit Lyonel Paquin, «que sa fortune augmentait d’heure en heure, de jour en jour». Brandt était passé maître dans l’art de corrompre les fonctionnaires petits et grands et jamais personne ne saura stopper sa gloutonnerie, mettre un frein à sa soif d’argent et de pouvoir.

Il faut savoir que pendant les années de guerre et celles qui suivirent, les articles de base comme le sucre, la farine, le savon, les tissus ou l’huile de cuisine, se vendaient, en raison de leur rareté, à des prix nettement abusifs en Haïti. Cette situation entraîna une chute dramatique du pouvoir d’achat des ménages et l’impopularité du gouvernement. Lescot voulut soulager les familles en gelant le coût des loyers, en créant un Comptoir des ventes et un service spécial de contrôle des prix. Cette dernière initiative se révéla tout à fait inefficace, frappant plutôt les petits détaillants que rançonnaient sans vergogne les agents de l’administration, mais jamais les grands spéculateurs clandestins dont Brandt que l’on accusait partout de combiner les pénuries artificielles.

Devenu incontournable en Haïti, on désigne Brandt comme le véritable chef du pays, le financier occulte de tous les prétendants à la présidence, l’intrigant politique qui dicte leur conduite aux hommes d’État. Si on lui impute des interférences souterraines en haut lieu, il n’aura pas moins des démêlés politiques avec presque tous les gouvernements de l’époque, en commençant par celui d’Élie Lescot. À la chute de ce dernier d’ailleurs, Brandt était devenu aussi impopulaire que le président déchu. On se souvenait qu’en juillet 1944, il s’était associé à Henri Lescot, un des fils du président, avec lequel il avait pris le contrôle exclusif du marché haïtien du coton. On retiendra que c’est Lescot qui, par ses complaisances, a littéralement fabriqué Oswald J. Brandt en tant que phénomène financier en Haïti. Grâce aux privilèges et avantages commerciaux qu’il lui a offerts, Lescot lui a non seulement permis de consolider sa fortune mais lui a indirectement procuré cette emprise sur l’appareil d’État que Brandt, pendant près de trente ans, exerça sans retenue dans le pays. Comme on sait, Lescot se retira du pouvoir sans le sou et mourut dans la demi pauvreté.

Sous le gouvernement d’Estimé, le louche commerce du marché noir se poursuivit de plus belle de même que la partie de bras de fer engagée entre le pouvoir et le richissime financier O. J. Brandt. La vie chère continuait de gruger le revenu des familles et l’opinion persistait à considérer Brandt comme l’organisateur de la disette, celui qui fixait à son profit le prix des produits alimentaires. Estimé réagit en augmentant le salaire minimum, en doublant celui des employés de l’État mais toutes ces mesures resteront inopérantes et sans effet. De guerre lasse, Estimé ordonna que Brandt fut arrêté et mis sous les verrous. L’homme d’affaires se retrouva bientôt jeté en cellule sous des allégations de fraude fiscale, d’abus de confiance et de corruption de fonctionnaire. Sa détention n’allait durer que trois jours. «Le chef de la prison, nous révèle Paquin, se mit en quatre pour plaire au prisonnier. Il fit transporter les meubles de son salon privé (propriété de l’État) dans la cour privée de la prison de Brandt afin que les visiteurs venus présenter leurs respects au “parrain“ soient confortables. Une fois relâché, Brandt fut décoré de l’ordre haïtien le plus prestigieux et fut fait citoyen honoraire de Port-au-Prince.» (p.110) Il n’en tient pas rancune à Estimé sous le gouvernement duquel d’ailleurs il s’impose comme le plus important exportateur de café du pays. Grand capitaine d’industrie, Brandt comptait à l’époque plus de deux mille salariés travaillant directement sous ses ordres. Ses agents disséminés à travers le territoire composaient un immense réseau commercial qui, peu à peu, se transformera en machine politique dès que, selon Paquin toujours, «d’acheteurs de café qu’ils étaient, ces agents devinrent des politiciens, ceux de Brandt». (p.111)

À l’avènement de Paul Magloire à la présidence, le 6 décembre 1950, Brandt parvenait au faîte de sa puissance. Son fils, Clifford, est un ami personnel du nouveau chef d’État et les deux hommes partagent le même goût pour la vie mondaine, le bon vin, les bons cigares et les jeux de cartes. Trapu, robuste, le faciès impénétrable, Brandt dégage une impression de robustesse virile et porte la soixantaine triomphante. Devenu veuf en février 1951, il épouse Madame Blanc, une Française divorcée. C’est avec elle qu’il se réfugie dans les hauteurs de Port-au-Prince pour jouir très avidement de l’influence secrète qu’il exerce, tirer parti de son pouvoir illimité. L’homme fait et défait les carrières politiques et, en ce domaine, nul ne peut se soustraire à son omnipotence discrétionnaire. Ses affaires profitent de la croissance phénoménale des années d’après-guerre et le montant de sa fortune, selon les plus prudentes estimations des experts, serait de plusieurs fois supérieur au budget de l’État haïtien. Réputé intouchable, Brandt inspire la crainte et son seul nom fait partout trembler.

Au départ de Magloire, Brandt observe la plus parfaite discrétion et aucun des candidats n’osera s’attaquer au principal pourvoyeur de fonds de ces interminables présidentielles. Duvalier, le candidat proclamé vainqueur par la junte militaire ne se considère, mais en aucune façon, le débiteur politique de Brandt. Cependant, à chaque fois qu’il aura besoin d’argent ou de financement, Duvalier saura vers qui se tourner. Dès les premiers mois de sa présidence, il fait appel à Brandt qui lui avance les quatre millions nécessaires au bétonnage de la Grand-Rue de Port-au-Prince. Le remboursement de ces fonds, capital et intérêts, est garanti par une nouvelle taxe sur l’essence. Brandt qui, dans le passé, avait déjà offet un laboratoire de sciences au lycée Pétion, remettra la somme de 50,000 gourdes à la secrétairerie d’État à la Coordination et à l’Information suite aux inondations du 29 avril 1959. Il étend également ses largesses aux églises, aux œuvres de charité et à ses plus fidèles employés qui profitent de sa générosité.

À partir de 1961, année de la «réélection» de Duvalier, Brandt, et avec lui toute la communauté d’affaires, entrait dans une opposition larvée contre son gouvernement. [Au tout début de sa présidence, Duvalier alla visiter les installations industrielles de Brandt à Delmas. Arrivé dans le bureau de Brandt, il eut la surprise de voir une photo dédicacée de Paul Magloire accrochée au mur. «Vous avez encore la photo de cet homme chez vous!» s’exclama Duvalier. «Oui, répondit Brandt, c’est un ami personnel.» Cette anecdote est parfaitement authentique.] Clifford Brandt sera suspecté d’envoyer, à partir de son yatch de plaisance, des informations aux animateurs de «Radio-Vonvon», la radio des exilés de New-York. Oswald et Clifford Brandt seront interrogés tour à tour par un tribunal militaire aux casernes Dessalines pour leur implication supposée dans le débarquement des rebelles à l’aéroport du Cap, en mai 1968. Assignés à résidence, les deux Brandt se présentent plein de dignité devant leurs accusateurs et sortiront de ces mésaventures politiques sans éprouver de plus graves préjudices. Le 28 octobre 1974, Brandt remettait au gouvernement duvaliériste la somme de 750,000 dollars à titre de contribution aux programmes de développement du pays. Autant dire que ses rapports avec le régime avaient complètement changé. Le 24 mars 1976, très paisiblement, Oswald J. Brandt rendait l’âme à son domicile de Bourdon. Il avait 85 ans.


* Extrait du quatrième tome de « Le coin de l'histoire », dernière publication en date de la collection de l'écrivain haïtien Charles Dupuy. Le Coin de l'Histoire Contact : (514) 862-7185
 

 

 

 



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