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Situation difficile de 105 migrants haïtiens dans la localité de Iñapari au Pérou

05/09/2012

Le SJR LAC fait savoir que 3 des 105 migrants haïtiens actuellement bloqués à la ville frontière péruvienne de Inapari - frontalière du Brésil et de la Bolivie du côté du fleuve Acre- ont engagé une grève de la faim et installé leur matelas de fortune à l'entrée du pont binational brésilien-péruvien jusqu'à obtenir du gouvernement de Dilma Roussef une autorisation d'entrée sur le territoire brésilien. Les migrants disent ne plus supporter cette situation. Le SJR LAC invite tous les mouvements de la société civile notamment dans les pays concernés - le Brésil, la Bolivie et le Pérou- à appuyer pacifiquement l'action de ces haïtiens.

Depuis la fin du mois d'avril de cette année, les migrants haïtiens, sont bloqués à Iñapari. Face à cette situation catastrophique, les autorités locales n'ont apporté aucune assistance humanitaire, et le gouvernement central péruvien n'a pas non plus résolu le problème, malgré les déclarations du chancelier Rafael Roncagliolo, annonçant le 17 Août, l'accord du statut de réfugié à tous les migrants bloqués.

Pendant ce temps, le gouvernement brésilien est déterminé à maintenir le blocage de la frontière. Il est à souligner qu'une délégation brésilienne sur la situation des droits de l'homme (CCDH) de l'Assemblée législative de 'Rio Grande do Sul' a visité la frontière de l'Acre le 17 aout, afin de connaître la situation des Haïtiens. Aucune information n'a pour l'instant été transmise, sur l'impact que la visite a pu avoir sur le gouvernement central du Brésil.

Ce genre de situation, à la triple frontière, pour les migrants haïtiens n'est malheureusement pas nouvelle. Il est à rappeler que de janvier à avril 2012, 245 Haïtiens ont été bloqués à Iñapari et de janvier à avril 2011, plus d'une centaine d'Haïtiens se sont retrouvés enfermés dans la même localité, à la frontière péruvienne.

La situation actuelle est différente et alarmante, encore davantage, dans la mesure où les 105 haïtiens bloqués ne reçoivent aucune aide humanitaire: ni de la part du Brésil – qui a fermé sa frontière – ni de la communauté péruvienne d'Iñapari – qui se remet d'inondations et qui vit une situation économique très précaire. La Bolivie, quant à elle, continue à porter fermement la position de ne pas laisser entrer les Haïtiens sur son territoire, alors que parallèlement les migrants continuent d'utiliser – de manière irrégulière – le territoire bolivien (Iberia) pour se rendre au Brésil.

Au vu de cette situation, le SJR LAC pense que la question du flux migratoire des Haïtiens dans la région sud-américaine doit être portée régionalement et de toute urgence par l'UNASUR (organisme régional des chefs d'Etat et de gouvernement sud-américains).

Dans ce sens, un rapport sur la situation des migrants haïtiens dans la région a été envoyé au siège de l'UNASUR à Quito (Equateur), mettant en avant le manque de protection généralisé, le caractère régional de l'affaire et l'urgence d'aboutir, au niveau régional, à un accord entre les gouvernements des pays membres.

 


D'après un communiqué du SJR LAC du 3/09/2012

Contact : Wooldy Edson Louidor - elouidor@yahoo.fr



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