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Expulsion brutale de deux Haïtiens par les autorités françaises en Guadeloupe

23/01/2012

Communiqué du 22 janvier 2012

Ce vendredi 20 janvier vers 6 heures du matin, l’unité de Police aux Frontières du Centre de Rétention administrative des Abymes, à Pointe-à-Pitre en Guadeloupe, a fait embarquer deux ressortissants haïtiens dans un avion à destination de Port-au-Prince, de manière totalement inattendue, sans que les concernés en aient été informés au préalable. Cette nouvelle a été transmise au GARR par la CIMADE, un organisme de défense des droits des migrants basé au centre de rétention.

Le départ de l’un des deux hommes s’est fait dans la violence, sous le regard de sa compagne, elle-même retenue au centre. Selon cette dernière, son compagnon a été mis à terre, ligoté et traîné jusqu’à la fourgonnette de police qui devait le conduire à l’aéroport de Pointe-à-Pitre.

Cette reconduite-surprise s’est effectuée alors que ces deux citoyens haïtiens étaient convoqués à cette même date du 20 janvier 2012 à 9h 30 du matin au Tribunal Administratif de Pointe-à-Pitre afin que leur situation soit examinée.

Le centre de rétention est un lieu d’enfermement pour les étrangers en situation irrégulière dans les territoires français et qui sont en attente d’une reconduite vers leur pays d’origine ou encore d’une clarification de leur situation administrative.

Cette expulsion arbitraire de ressortissants haïtiens survient à la veille d’une visite officielle dans la capitale française du ministre des Affaires Etrangères d’Haïti, Laurent Lamothe.

Dans un communiqué transmis a la Presse, le 9 janvier 2012, le Centre Anacaona de Défense des Droits Humains et des Libertés des Haïtiens basé à Paris avait critiqué l’attitude des autorités françaises qui, selon elles, n’avaient pas tenu leurs promesses, 2 ans après le séisme. Le Centre réagissait, entre autres, au calvaire des familles haïtiennes qui vivent des séparations insupportables et attendent dans l’angoisse, une réunification rendue chaque jour plus inaccessible par l’Etat français.

« En ce début d’année 2012, écrivait le Centre Anacaona, les Haïtiens cumulent une double souffrance, celle qu’ils connaissent dans leur pays qui peine à se relever des ruines du séisme et d’une misère endémique et celle que leur inflige le gouvernement français ».

 

 

 



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