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Lettre ouverte de Justice et Paix aux Autorités du Pays

14/12/2011

 

Lettre ouverte de Justice et Paix aux Autorités du Pays
Et aux Hommes et Femmes qui désirent ce qui est bon pour notre Pays


La Commission Episcopale Nationale Justice et Paix s’est réunie en Assemblée Générale cette année au Centre ITECA à Gressier, du 22 au 26 novembre 2011. Nous étions 70 délégués des 10 diocèses ou départements du pays.

Cette année, nous avions choisi d’approfondir la question : « Justice et Paix est engagée pour la réconciliation du pays dans la vérité ». Nous avions choisi le thème à cause de la situation difficile que traverse le pays en ce moment ; on dirait que la crise est sans fin, et ce sont surtout les pauvres et ceux qui déjà vivent des situations difficiles qui en paient les frais.

La situation est grave. La population est à bout de ses forces. Comme disciples du Christ, nous sommes indignés devant les négligences, le manque de volonté et de sens de responsabilité pour résoudre les problèmes. Nous nous sentons humiliés et fatigués.

La situation écologique du pays, qui est le résultat de tant de négligences et laisser faire, de luttes intéressées sans aucun souci pour le pays, vient encore aggraver la situation générale et met la maladie à nu.

Les autorités (politiques, économiques et religieuses), comme la société civile, doivent donner preuve qu’elles comprennent les problèmes.

Certes, il n’y a pas de guerre civile dans le pays, mais les formes de violence sont multiples: dans la rue comme dans les gestes et discours. Ce qui est grave, certaines mains cachées animent la violence, parfois invisible … dans la poursuite de leurs intérêts.

Les élections pour les collectivités territoriales qui doivent se tenir dans un avenir pas trop lointain peuvent encourager les divisions et actes de violence dans les communautés, parce que plusieurs groupes politiques chercheront à renforcer leur présence dans les communautés, chacun avec leurs propres alliés.

Les préoccupations, valeurs et principes qui doivent guider la gestion et l’accompagnement des conflits sont connus. La Vérité demande de reconnaitre sa propre responsabilité dans la situation actuelle ; la Vérité implique la transparence dans les discours ; le Respect doit s’étendre même à l’adversaire ; il faut arrêter la pratique de la démonisation ; puis, il faut cesser de se considérer comme l’unique victime innocente, qui n’a jamais fait rien de mal. Chaque personne est une personne humaine ; même l’ennemi est une personne humaine.

Voici nos convictions profondes :
• Dieu nous a confié cette société à construire ensemble, nous habitons un même pays. Nous ne devons pas nous permettre de laisser emporter par le vent de division. Chaque cassure dans la chaine qui doit nous unir est une insulte à notre devise nationale.
• Si nous sommes d’accord pour dialoguer dans la vérité, si le pays et notre peuple sont notre commun intérêt, nous serons en mesure d’atteindre une entente, qui nous permet d’avancer.
• Comme disciples de Jésus Christ, nous gardons notre espérance que le changement pour une meilleure vie pour tous est possible.

Voici ce qui doit être à la base de ce dialogue :

Voici des propositions pour aider la réconciliation dans la vérité:


Nous demandons aux Eglises d’appuyer publiquement toute initiative qui favoriserait l’écoute mutuelle et qui permettra d’avancer sur le chemin de la réconciliation dans la vérité. Nous leur demandons d’aider les fidèles à mieux articuler leur foi avec leurs responsabilités sociales, et d’enseigner aux fidèles les principes moraux qui doivent guider la politique dans le pays.

Nous saluons « Religions pour la Paix » ; nous demandons que les religions collaborent pour sauver le peuple Haïtien.

Nous, membres de la Commission Justice et Paix, nous avons pris l’engagement de remettre ce message aux Autorités du pays, les autorités nationales et locales, les autorités ecclésiales incluses. Nous souhaitons qu’elles prendront conscience que les conditions de vie des gens simples ne peuvent pas continuer, parce qu’elles sont en contradiction avec la dignité et les droits des personnes.

Nous croyons en Jésus Christ qui a brisé les barrières qui séparaient les peuples et qui nous a permis de vivre bien entre nous, grâce à son sang (Eph 2,15). Nous lançons un appel également à tous les hommes et les femmes de bonne volonté d’écouter notre cri et de chercher des chemins de la réconciliation du pays dans la vérité.


Gressier, le 26 novembre 2011
Communication à la presse :
Port-au-Prince, mercredi 30 novembre 2011
 



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