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Lettre pour le retrait des troupes de la MINUSTAH

26/09/2011

Lettre finale:

Au Secrétaire général de l'ONU, Dr. Ban Ki Moon
Aux gouvernements des États membres du Conseil de Sécurité et de la MINUSTAH
À la communauté internationale et l'opinion publique en général

Recevez notre salut.

Il est surprenant et humiliant d’affirmer qu’ "Haïti est une menace pour la Paix et la sécurité mondiale", comme le fait, année après année, le Conseil de Sécurité de l'ONU en ratifiant la présence dans ce pays d'une mission militaire - policière dénommée de stabilisation, la MINUSTAH.

Affirmation qui cache l'impunité des grandes puissances et l'hypocrisie qui leur permet d’intervenir militairement, politiquement et économiquement en Haïti, en profitant ainsi des prestations fournies par d’autres.

La vraie menace, c'est justement cette intervention, qui constitue par ailleurs un laboratoire de nouvelles formes de domination et de contrôle sur le peuple.

Pendant des années l'intervention de troupes étrangères, qu’elles soient des États-Unis, de France, d'autres puissances ou maintenant la MINUSTAH, n'a pas amélioré la vie du peuple haïtien. Au contraire, leur présence attente à la souveraineté et à la dignité de ce peuple et assure un processus de recolonisation économique dirigé depuis l’extérieur par un gouvernement virtuel parallèle - la Commission Intérimaire de Reconstruction de la Haïti - dont les plans répondent plus aux intérêts des prêteurs et des entrepreneurs qu'aux droits des Haïtiennes et des Haïtiens.

Si cela ne suffisait pas, cette présence d’intervention usurpe directement 800 millions de dollars US par année (équivalent à presque la moitié du budget annuel haïtien), des ressources dont le peuple a besoin pour la santé, l’éducation, le logement, l’eau et l’assainissement, la souveraineté alimentaire et la création d'emplois. Et pire encore, la MINUSTAH accumule les crimes : abus et viols de femmes et de jeunes et meurtres. La MINUSTAH tue avec des balles quand le peuple résiste à la faim et elle tue avec le choléra : 5 000 Haïtiens, femmes et hommes, sont morts de cette maladie introduite par la MINUSTAH. Cela suffit!

Nous exigeons le retrait immédiat des troupes et le non-renouvellement du mandat de la MINUSTAH. Le Conseil de Sécurité aura à traiter avant le 15 octobre le renouvellement du mandat de la MINUSTAH et quelques gouvernements ont commencé à poser la nécessité de changements. La défense du peuple haïtien, de la Paix et la sécurité mondiale exige sur ce sujet une décision radicale, qui devrait également garantir qu’aucune présence militaire ou policière étrangère n’intervienne dans ce pays, et garantir aussi la sanction et la réparation des crimes commis par ces forces étrangères.

Nous exhortons aussi les États et les organismes impliqués à revoir d'urgence les politiques de coopération régionale et internationale avec Haïti. Il ne s'agit pas de résoudre les problèmes qui affectent la paix et la sécurité sociale de ce peuple avec des mesures conjoncturelles et d'assistance qui aggravent la dépendance. Le pays a besoin de changements où le peuple haïtien soit le protagoniste de sa propre vie et le bâtisseur de sa propre histoire. La présence médicale cubaine est une démonstration digne de foi qu’une autre coopération est possible.

Haïti, pays précurseur et bienfaiteur des luttes antiesclavagistes et anticolonialistes dans toute la région, renommé pour la créativité de ses artistes et la capacité d’organisation de son peuple, a supporté au long de sa vie d'énormes déprédations et calamités. Mais Haïti a aussi montré qu’elle lutte de manière permanente et solidaire pour construire des alternatives face à l'injustice et à l’adversité. Il est fondamental de respecter son droit à la souveraineté et l'autodétermination, en la délivrant des occupations militaires et des dettes iniques, en soutenant sa lutte contre l'impunité, en reconnaissant ses capacités et en lui rendant les moyens qui lui ont été injustement retirés - la dette historique, sociale, écologique et financière dûe au peuple haïtien - et dont il a besoin pour sa vie et sa dignité.

Septembre 2011

PREMIERS SIGNATAIRES: Adolfo Pérez Esquivel, Prix Nobel de la Paix; Nora Cortiñas, Mère de la Place de Mai Lígne Fondatrice; Beverly Keene, Coordinatrice internationale de Jubilée Sud, Jubileo Sur/Américas, Servicio Paz y Justicia en América Latina, Diálogo 2000 - Argentina; Fundación Servicio Paz y Justicia Argentina ; Jubileo Sur, Jubileo Sur-Asia y Pacífico Movimiento Deuda y Desarrollo; Diálogo 2000-Argentina; Fundación Servicio Paz y Justicia Argentina, Rede Jubileu Sul Brasil; PACS-Brasil…


 



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