Adhérents
devenez adhérent
Recherche

Premier anniversaire de la Conférence de New York sur la « Reconstruction d’Haïti »

18/04/2011

Premier anniversaire de la Conférence de New York sur la « Reconstruction d’Haïti »:

Des organisations de la société haïtienne dressent un bilan d’échec et plaident en faveur d’une construction plutôt alternative


31 mars 2011

A l’occasion du premier anniversaire de la conférence des bailleurs de fonds sur la « Reconstruction d’Haïti », tenue au siège des Nations Unies à New York fin mars 2010, nous représentants et représentantes d’une quarantaine d’organisations et secteurs de la société haïtienne, réunis à Port-au-Prince le 26 mars 2011, avions réfléchi sur la trajectoire suivie par le pays depuis cette conférence.

Une année après les promesses de reconstruction à coup de milliards de dollars américains, nous constatons que rien de significatif n’a été véritablement entrepris. Aucune rupture n’a été amorcée avec les approches et pratiques traditionnelles qui ont, au fil des ans, appauvri et rendu et si vulnérables la République D’Haïti. Bien au contraire, nous assistons à une accélération de tous les phénomènes témoignant du déclin collectif et de la régression. Les millions de personnes affectées directement ou indirectement par le séisme continuent à en affronter les conséquences dans un grand dénuement et sans accompagnement. L’extraordinaire mouvement de solidarité inter-haïtienne qui s’est manifesté avec vigueur au lendemain du séisme a été complètement marginalisé par les forces dominantes.

Au cours de la journée de réflexion du 26 mars, des témoignages bouleversants sur le processus de détérioration des conditions de vie dans le pays ont été apportés par des personnes déplacées, des paysans pauvres, des femmes, des acteurs du monde de la communication, du secteur religieux, de la santé etc. Ils ont tous et toutes signalé l’absence de réponses de l’Etat aux problèmes sociaux les plus urgents, la précarité des conditions de vie particulièrement des personnes déplacées, les expulsions forcées, la tendance à la privatisation croissante des services de santé, d’éducation, d’approvisionnement en eau potable…

Les analyses et témoignages nous ont conduits au constat que collectivement la société haïtienne continue à être enfermée dans les mêmes pièges de l’exclusion, de la dépendance, de la méconnaissance de nos forces, de nos ressources, de notre identité, comme souligné dans notre déclaration rendue publique le 19 mars 2010. Les structures du système de domination et de dépendance se sont reproduites et renforcées avec la mise en place d’un dispositif stratégique réunissant la MINUSTAH, la CIRH et les grandes ONG internationales.

Désormais, ce sont ces instances, en particulier la Commission Intérimaire pour la Reconstruction d’Haïti (CIRH) qui orientent les destinées de notre pays et prennent toutes les décisions à notre place. On assiste ainsi à une complète marginalisation des acteurs haïtiens de tous les espaces stratégiques de décision. A travers la CIRH, se pratique une double exclusion: celle des institutions étatiques et celle du mouvement social. L’existence de la CIRH participe du processus de destruction des institutions et de l’économie haïtienne.

Nous réclamons la disparition de la CIRH dont l’existence constitue un affront à notre dignité collective. Les budgets relatifs aux projets spécifiques visant la réhabilitation et la mise en place de nouvelles infrastructures doivent être gérés par les organes compétents de l’Etat dans chacun des domaines concernés. Il faut mettre un terme à la création d’organismes parallèles qui accélèrent la destruction de l’Etat. Nous réclamons de préférence la mise en place de mécanismes nouveaux et efficaces de contrôle social assurant la participation des couches majoritaires du pays dans les prises de décisions et les orientations stratégiques.

Nous réaffirmons que la construction alternative de notre pays et la viabilité d’un avenir différent de celui d’aujourd’hui impliquent un processus de ruptures radicales d’avec les tendances actuelles :

Pour les organisations ayant participé à la rencontre :
Colette Lespinasse GARR
Camille Chalmers PAPDA

Organisations signataires

APWOLIM
CMD‐OD
VEDEK
MOPP
KONSA
KPSKBM
RACPABA
MITPA
SOFA
MOREPLA
TET KOLE TI PEYIZAN AYISYEN
SAKS
KLK
MODEP
GREDESH
PAPDA
GARR
SAKA
AJMDH
ASCOEH
SAJ / VEYE YO
POHDH
Fondation Zanmi Timoun
FGPB
ARDFD
CAMP TABARRE ISSA
ICKL
CERFAS
Sèk Gramsci
Camp Juampas – Lascohabas
CEAAL‐Haïti
CRAD



Partager