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L’Etat haïtien doit mettre sur pied un tribunal spécial pour juger Jean Claude Duvalier pour les crimes commis pendant ses quinze ans de dictature

28/02/2011

Depuis le retour de l’ex-Président dictateur Jean-Claude Duvalier dans le pays en janvier dernier, les victimes de son régime sanguinaire n’ont pas tardé à défiler auprès du Parquet de Port-au-Prince de façon à porter plainte contre l’ancien tyran et à réclamer justice pour tous les préjudices graves qu’elles ont subis durant les quinze ans de la dictature de Jean- Claude Duvalier. Face à cette demande fondamentale de justice, les Avocats/partisans de Jean- Claude veulent faire croire que les crimes commis sous le régime de Duvalier auraient bénéficié de la prescription de la loi pénale haïtienne.


D’autres juristes sortent de leur silence de manière à faire lumière sur la notion de prescription. C’est ainsi que dans une conférence débat organisée à la Plate-forme des organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH) le 4 février 2011, Me Dilia Lemaire a précisé que lorsqu’il s’agit de : tortures, exécutions sommaires, disparitions, viols, emprisonnements arbitraires, exils, tout acte qui porte atteinte à la dignité et au respect de la personne humaine, il n’y a pas de prescription. Les crimes de M. Duvalier sont qualifiés de ‘’ crimes contre l’humanité’’ donc ils sont imprescriptibles.

On doit aussi rappeler pour ces avocats que, le fait qu’Haïti adhère à la cour pénale internationale, les crimes contre l’humanité lui sont imposables, ce qui est un atout pour la réalisation de ce jugement, souligne un jeune avocat qui participait à la conférence du 4 février dernier.

Comment comprendre qu’en dépit de la machine infernale, terrorisante et humiliante qui a dominé systématiquement tout le règne de la dictature de Jean-Claude Duvalier et malgré le courage de certaines victimes à crier justice, que Jean Claude Duvalier aurait encore bénéficié de la machine de l’impunité ?


Devant une telle situation, une pléiade d’organisations de droits humains tant nationales qu’internationales ne cessent de lever la voix pour réclamer des autorités judiciaires du pays la mise en branle de l’appareil judiciaire contre l’ancien dictateur en vue de faire lumière sur ce dossier. C’est le cas de la Plate-forme des Organisations Haïtiennes de Droits Humains (POHDH), Humain Rights Watch, Amnesty International, Collectif Haïti de France, le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) et tant d’autres…., qui continuent à exiger l’arrestation et le jugement de l’ancien dictateur pour des crimes contre l’humanité et pour tous les maux causés à la nation haïtienne tant sur le plan socio-économique, politique que psychologique.

Ainsi, la POHDH salue, une fois de plus, la décision de la justice haïtienne de poursuivre jusqu’au bout l’ancien dictateur et ses acolytes pour leur atrocité manifestée à l’égard du peuple haïtien tout en demandant aux autorités judiciaires haïtiennes d’étendre cette démarche auprès des principaux adeptes du régime.


La Plate-forme tient à réaffirmer sa demande pour un jugement juste et équitable du régime de Duvalier. A ce titre, la POHDH encourage les autorités judiciaires du pays à profiter de l’appui technique offert par le Haut- Commissaire des Nations Unies pour les Droits de l’Homme pour mettre sur pied un tribunal pénal spécial capable de faire un procès juste et équitable contre M. Jean-Claude Duvalier, contre tous les dignitaires de son régime pour leurs graves violations de droits humains, comme on l’a fait au Rwanda, en ex-Yougoslavie.

La Plate-forme des Organisations Haïtiennes des Droits Humains (POHDH) croit que, cela constituera un sérieux progrès dans le combat contre l’impunité et dans la lutte pour l’établissement d’une société démocratique en Haïti axée sur le triomphe de la justice et le respect du droit du peuple haïtien.

La POHDH, rappelle aussi que la vérité, la justice et la réparation des victimes sont indispensables à la construction d’un Etat de droit.

 

Port-au-Prince, 28 février 2011


Antonal MORTIME

Secrétaire Exécutif POHDH

Tél. : 509 3715-72 99/3550 9069

Email : antonalhd@yahoo.fr



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