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Le Ministère des Haïtiens Vivant à l’Etranger (MHAVE) réagit aux persécutions et rapatriements collectifs d’Haïtiens par les autorités dominicaines

26/01/2011

Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés

GARR

 

Port-au-Prince, Haïti

Note transmise au GARR, le 25 janvier 2011

 

Mardi 25 janvier 2011

Le Ministère des Haïtiens Vivant à l’Etranger (MHAVE) a constaté et ceci depuis le début de l’année 2011, une intensification systématique d’opérations militaires de reconduites de ressortissants haïtiens de la République Dominicaine, sous couvert de mesures de contrôle du choléra. Plus de 3,000 en moins d’un mois selon des sources officielles dominicaines.

Dans le cadre de sa mission, le MHAVE, après avoir partagé avec les instances concernées à Port au Prince, ses inquiétudes et préoccupations grandissantes relatives à une tendance à la stigmatisation des immigrants haïtiens dans cet important pays hôte, a lancé une campagne d’information sur cette maladie dans la communauté haïtienne.

Dans le contexte post-séisme en Haïti, qui a donné lieu à un tournant positif sans précédent dans les relations haitiano-dominicaines, notamment la relance des travaux de la Commission Mixte et une redynamisation des relations commerciales et économiques favorable à la République Dominicaine, le MHAVE juge urgente, une révision bilatérale des conditions dans lesquelles sont pratiquées ces opérations qui ne correspondent en aucun cas aux mécanismes arrêtés entre les deux Etats pour les rapatriements.

Il est à noter, à cet égard, les témoignages de plusieurs des citoyens reconduits, faisant état de brutalités, de persécutions humiliantes sur la voie publique, de séparation de familles, de pertes de biens et de marchandises. Une situation qui affecte la tranquillité d’esprit des résidents réguliers et des dominicains d’origine haïtienne, membres d’une laborieuse communauté, dont des investisseurs, des étudiants universitaires et des cadres professionnels.

Le MHAVE, en l’occurrence, exprime toute sa solidarité aux travailleurs migrants et vendeurs ambulants auxquels l’usage du transport public a été refusé, et aux humbles familles qui ont dû abandonner leur lieu de résidence, face aux menaces de persécutions alimentées par le positionnement de certaines personnalités influentes du monde médiatique.

Toutefois, le MHAVE souligne les efforts de certaines autorités dominicaines, responsables religieux et cadres d’ONG, dans l’organisation de rencontres communautaires pour calmer les esprits. De même que les soins reçus par des ressortissants haïtiens affectés par le choléra dans des centres hospitaliers.

Néanmoins, à la différence des déportations effectuées par d’autres pays en coordination avec le gouvernement haïtien, les rapatriements réalisés par la République Dominicaine soulèvent fréquemment, depuis plus d’une décennie, des critiques légitimes de groupes de droits humains insulaires et internationaux. Dans ce sens, les dernières opérations ont été effectuées, il faut le souligner, en dehors des normes établies par le protocole d’accord bilatéral de décembre 1999 sur les mécanismes de rapatriements ; particulièrement, en ce qui a trait à l’horaire, l’assistance consulaire, et la possibilité d’un accueil adéquat des rapatries aux postes frontaliers haïtiens.

De plus, dans la majorité des cas, le retour des rapatriés en République Dominicaine par le biais du trafic de personnes à la frontière, révèle d’une part, les faiblesses des systèmes de contrôle des deux pays et d’autre part, l’inefficacité de ces opérations plus préjudiciables aux relations harmonieuses entre les deux nations que l’atteinte des finalités recherchées par les autorités dominicaines.

Dans l’attente de la reprise de véritables négociations qui devraient déboucher sur la signature d’un accord migratoire global, le MHAVE encourage le renforcement du dialogue haitiano-dominicain en vue d’un élargissement tripartite de l’accord de 1999 sur les rapatriements, avec la participation de l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), comme il est le cas entre Haïti et Cuba.

Enfin, le MHAVE, suite à l’enquête menée par le consulat d’Haïti à Dajabon, tient à apporter un démenti formel à la nouvelle diffusée, il y a quelques jours, par certains médias haïtiens relayée sur le réseau internet, à propos de l’assassinat présumé de 10 commerçants haïtiens à bord d’un autobus d’une compagnie privée de transport public. Ce type d’information non vérifiée, ne peut qu’envenimer les rapports entre Dominicains et Haïtiens, deux peuples frères se partageant l’Île et qui doivent absolument approfondir la voie de la coexistence pacifique au bénéfice de l’épanouissement et du progrès de ces deux communautés.

Le MHAVE, de concert avec les autres organes de l’Etat haïtien directement concernés, particulièrement le Ministère des Affaires Etrangères (MAE), réitère sa volonté de travailler à la protection efficace des droits des Haïtiens vivant à l’étranger, tout en s’assurant que ces derniers accomplissent leurs devoirs dans les différentes sociétés d’accueil, notamment en République Dominicaine

 



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