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Communiqué de presse et lettre de Michelle Montas

20/01/2011

Jean Claude Duvalier doit être immédiatement arrêté et traduit en justice, l'argent qu'il a détourné doit être restitué

 

INTRODUCTION

18 janvier 2010 - La Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et ses ligues en Haïti - le Réseau national de défense des droits Humains (RNDDH), le Comité des avocats pour le respect des libertés individuelles (CARLI) et le Centre OEcuménique des droits humains (CEDH) - sont très inquiètes et indignées par le retour en Haïti, après 25 années d'exil, de l'exdictateur haïtien, Jean-Claude Duvalier qui a succédé à son père en 1971 et qui a été chassé du pouvoir le 7 février 1986 par une révolte populaire...

 

Le Communiqué de presse ici

 

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Lettre de Michelle Montas  – Kenscoff, mardi 18 janvier 2011
 

 

Alors que les autorités gouvernementales restent muettes sur l’arrivée inopinée de Jean-Claude
Duvalier en Haïti, en dehors de la déclaration pour le moins surprenante du Premier Ministre,
Max Bellerive prétendant que « tout Haïtien a le droit de rentrer dans son pays… », des voix
s’élèvent courageusement pour s’indigner de cette escapade dans une période troublée d’un
ancien dictateur vilipendé pour les nombreuses exactions commises sous son régime.

Michelle Montas, journaliste reconnue et respectée de Radio Haïti et du Nouvelliste, épouse du journaliste Jean Léopold Dominique assassiné en avril 2000 sous la première présidence de René Préval, crime à propos duquel la lumière n’a toujours pas été faite, a déclaré qu’elle allait porter plainte contre l’ancien dictateur. « Je suis absolument outrée et en colère. J'ai reçu ce retour comme une gifle. Une gifle pas seulement à moi en tant que journaliste et représentante de Radio Haïti, mais une gifle pour le peuple Haïtien », s’est-elle indignée. Pour montrer qu'elle n'a pas oublié les nombreuses exactions de ce régime, Michelle Montas rassemble ses
documents pour porter plainte contre Baby Doc, selon Le Nouvelliste. Une grande première en Haïti, puisque l'ancien dictateur ne fait l'objet d'aucune poursuite judiciaire dans
son pays.

« J'ai trop souvent entendu au cours de ces derniers jours qu'il n’y avait pas eu de répression
sous Jean-Claude Duvalier, que tout allait bien. Moi qui ai souffert avec tous mes collègues de
Radio Haïti de la rafle du 28 novembre 1980, je suis décidée à intenter une action en justice pardevant le commissaire du gouvernement contre Jean-Claude Duvalier pour violation des droits de l'homme, arrestations arbitraires, tortures, assassinats, exil forcé... Et cela, je le fais dans les prochaines heures dès qu'il me sera possible de rassembler ce que j'ai à rassembler légalement pour le faire », a explosé Michelle Montas dans une interview accordée ce lundi au Nouvelliste, moins de 24 heures après le retour de Duvalier. « Notre média a été détruit sur ordre de Jean- Claude Duvalier le 28 novembre 1980. Une dizaine de mes collaborateurs ont été arrêtés à Radio Haïti. Certains d'entre eux ont passé plus d'un mois en prison, d'autres ont été torturés. Je peux aussi parler au nom de ceux qui, le 28 novembre 1980, ont été arrêtés arbitrairement ou assassinés comme, entre autres, Ezechiel Abellard, Pierre Clitandre, Marcus Garcia, Elsie Etheart, Jean Robert Hérard, Richard Brisson et la liste est longue » a-t-elle rappelé.

Dans cette affaire rocambolesque du retour en catimini à la barbe de tous de J.C. Duvalier, on
peut se poser beaucoup de questions, notamment comment a-t-il pu quitter la France où il est
en exil depuis près de 25 ans et voyager paisiblement dans un avion de la compagnie nationale, comme le souligne Pierre Raccurt dans son courriel reçu ce matin en réponse à LDK-11-08… « Je ne suis ni James Bond ni OSS 117, n'empêche que je me pose des questions et que je suis troublé.

Duvalier est "réfugié politique" en France depuis 25 ans et y et arrivé dans les conditions que
l'on sait après être parti avec la caisse. Le gouvernement français n'ignore pas qu'Haïti vit une
période politique difficile (en plus du reste) avec un processus électoral en panne. Ignorait-il de
départ pour Haïti de Duvalier? S'est-il enquis auprès des autorités haïtiennes de l'impact
éventuel d'un tel retour ? A-t-il prévenu les autorités de cette arrivée pour le cas où ce départ
aurait échappé à la France ? N'avait-on pas les moyens de dérouter un avion pour le cas où ce
débarquement n'était pas souhaitable ? Bref à quoi servent les services secrets ? »

Voici quelques éléments de réponse avec les informations données par la presse locale :
l’ambassadeur de France Didier Le Bret a bien été alerté du voyage de Jean-Claude Duvalier par les autorités françaises au moment de son transit en Guadeloupe et aurait immédiatement
transmis l’information auprès de la présidence haïtienne dimanche après-midi… « Les autorités
françaises n'étaient pas au courant du départ de Duvalier de France pour se rendre à Port-au-
Prince. Je l'ai appris avec une heure et demie d'avance au moment où il a embarqué à Pointe-à-Pitre pour se rendre à Port-au-Prince.

A ce moment, j'ai cru que M. Duvalier était là, et j'en aiimmédiatement informé les plus hautes autorités du pays. Je leur ai demandé s'ils étaient aucourant et ils m'ont dit que non. Je leur ai aussi dit que pour moi aussi, c'était une surprise », adéclaré l'ambassadeur de France en Haïti au cours d'un point de presse donné hier vers 15 h surle retour de l'ancien président à vie d'Haïti, dont le motif de la présence au pays reste inconnu.
Il en a profité pour souligner que Baby Doc avait, en France, un titre d'identité haïtienne et
détient un passeport diplomatique périmé, qui a été délivré en 2005, sous le président Boniface
Alexandre. « Son passeport a expiré le 21 décembre 2010. Les lois haïtiennes, comme celles de la France, ne prévoient pas d'obstacles pour un ressortissant étranger, un Haïtien en
l'occurrence, qui souhaiterait retourner dans son pays même avec un titre de séjour périmé », a
indiqué l'ambassadeur.

Et pour justifier comment l'ancien dictateur a pu passer aussi facilement
la frontière pour arriver en Haïti, l’ambassadeur précise, rejetant la théorie du complot : « les
gens ont du mal à comprendre que les choses puissent être aussi simples que ça, en se
demandant comment M. Duvalier a pu franchir les frontières. Quand on quitte Paris pour aller à
Pointe-à-Pitre, on ne quitte pas la France. On passe de la France métropolitaine à la France des Antilles. Les contrôles sont donc un peu plus légers. On peut voyager avec une simple carte
d'identité, une carte de séjour ».

Nous voici dont entièrement rassurés… Il n’y a pas de complot couvert par la France, ni coup
tordu, il ne s’agit que d’un banal concours de circonstances…. Dont acte ! Je pense que cette
affaire un peu ridicule et assez lamentable n’a pas fini de faire des vagues ! Pour compléter le
psychodrame haïtien permanent, on attend maintenant le retour d’Aristide, réfugié en Afrique
du Sud depuis février 2004, et pourquoi pas celui des autres chefs d’État déchus, comme Raoul
Cédras (1991-1994) en exil au Panama…

A l’instant même (10 h 30 locales), j’apprends que le commissaire du gouvernement Aristidas
Auguste et le juge de paix Gabriel Ambroise, accompagnés d’une dizaine de policiers des forces spéciales, viennent d’arriver à l’hôtel Karibe… Les autorités haïtiennes auraient-elles entendu le secrétaire général du Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) qui a déclaré que le gouvernement pouvait enclencher une procédure judiciaire contre J.C. Duvalier puisque les crimes contre l'humanité sont imprescriptibles ? Il n’est que d’attendre pour en savoir plus, mais les répercussions de cette audacieuse escapade en Haïti risquent d’être nombreuses et inattendues ! Le feuilleton « Baby Doc » n’est pas terminé…

Christian et Romel



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