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Commission Justice et Paix Elections du 28 novembre 2010

03/12/2010

 

Les élections du 28 novembre 2010

Arrêtons ces vieilles habitudes et pratiques

 

La journée électorale du 28 novembre 2010 s’est terminée. C’est une journée qui soulève pas mal de questions. Il y avait la fermeture prématurée de plusieurs centres de vote, en certains endroits on trouvait des bulletins et listes électorales dans les rues, des boites de vote se consumaient par le feu ; il y a eu des fraudes, comme en certains endroits où on avait rempli d’avance les urnes. Beaucoup de gens en sortent frustrés ou ils sentent le découragement, car il y avait un problème des listes électorales.

 

Jilap a observé le processus électoral avec 1300 observateurs à travers le territoire national. Voici ce que nous avons observé :

 

 

Avant l’élection

 

 

Le jour même de l’élection

Absence d’une bonne organisation et de planification

 

Organisation des élections, comme si on n’avait pas besoin des observateurs

 

Des partis politiques et candidats impliqués dans le désordre

 

Des autorités locales se sont impliquées dans des intérêts partisans

 

 

Les conséquences de tout cela sont graves :

 

Comment comprendre les événements ?

 

Comment comprendre la position des candidats à la présidence ?

 

Quelques propositions :

 

  1. Il est difficile, voire impossible, de soulever la question politique sans difficulté. Bon nombre d’acteurs politiques ne se préoccupent pas du bien du pays, mais recherchent un avantage direct ou celui d’un groupe restreint ; ils oublient le bien commun ou ce qui est nécessaire pour tous et toutes : le respect de la dignité des droits de tous et de toutes, la recherche du changement en faveur des plus pauvres et vulnérables de la société ; la croissance économique effective pour créer de meilleures conditions de vie pour tous et pour toutes. Les conditions nécessaires se résument en transparence, honnêteté et compétence.

 

  1. N’importe la décision politique à prendre concernant le processus électoral en cours, il est nécessaire qu’il y ait concertation entre le CEP, les partis politiques, des membres des organisations de la société civile, des membres du Gouvernement, pour s’assurer que le processus puisse continuer (s’il continue) dans le climat le plus honnête possible et avec plus de confiance entre les acteurs. Il est hautement temps que les acteurs mettent le pays et l’intérêt de la communauté avant toute autre préoccupation. Il n’y a qu’une seule Haïti.

 

  1. Les candidats et leaders politiques doivent prendre la distance de façon publique de toute violence faite en leur nom. En cas de refus, ils manifestent leur accord avec la violence commise, ils croient que la violence puisse leur apporter quelque avantage. Les citoyens et citoyennes doivent en prendre note et en tirer les conclusions.

 

  1. La Justice et le CEP doivent prendre des sanctions et faire appliquer la loi électorale contre les candidats, personnes et partis qui ne la respectent pas, sans aucune partisannerie. L’impunité est en train de détruire notre société, parce que finalement personne ne veut rendre compte et être responsable de ses propres actes.

 

  1. Il ne sera jamais possible d’organiser des élections sérieuses dans le pays sans la mise sur pied d’un CEP permanent. Avec un CEP provisoire, l’institution n’apprend pas à faire mieux à chaque organisation d’un processus électoral. Il faut créer une tradition électorale dans le pays. Mais la création du CEP permanent passe par les élections indirectes. La Commission Justice et Paix réitère son désaccord avec les autorités qui refusent les élections indirectes en vue du CEP permanent, parce qu’elles craignent de perdre le contrôle du processus électoral. La Commission demande aux autorités, aux candidats, au CEP lui-même de prendre un engagement formel en faveur des élections indirectes et la mise sur pied du CEP permanent.

 

  1. A moyen terme nous proposons au nouveau Parlement de charger certaines dispositions de la loi électorale. Les élections sont trop considérées comme une affaire du CEP avec les partis politiques. Au contraire, les citoyens et citoyennes sont les acteurs principaux. Nous proposons que les organisations de la société civile, qui ne cherchent pas le pouvoir politique direct, aient un rôle plus actif dans l’organisation du processus électoral.

 

  1. Enfin, le pays se trouve dans une crise profonde, et les élections doivent se réaliser dans ce contexte. Ce ne sont pas les élections seules qui vont résoudre la crise. La bonne gestion d’une crise demande une volonté et un accord mutuel pour bien gérer les différends, dans le respect des autres opinions et le dialogue. C’est le seul chemin pour faire sortir le pays de cette situation difficile où il se trouve.

 

 

 

 



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