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GARR : Drame à la frontière

16/11/2010

                   Assassinat d’une femme à Belladère, l’agresseur est en fuite 

 

Lundi 15 novembre 2010

Source : GARR

Le 7 novembre 2010, à 8 heures du matin, Mme Fernande Jean-Charles, 36 ans, a été poignardée par son compagnon, Lucien Docien, 25 ans, alors qu’elle franchissait le seuil de la maison d’une voisine située à l’entrée de la ville de Belladère, a appris le GARR. L’agresseur a pris la fuite aussitôt après. Un mandat d’arrêt a été émis à son encontre.
La victime, originaire de Petit-Goâve, laisse une fillette de 8 ans, Stella Jean-Charles. Elle avait quitté sa ville natale pour s’installer à Belladère. Une violente discussion avait précédé le drame et la victime tentait de trouver refuge chez sa voisine quand Lucien Docien l’a rattrapée sur le seuil de la porte et frappée mortellement au cœur avec un couteau, selon plusieurs témoignages.
Le titulaire de la mairie de la ville lance un appel pressant aux parents de Mme Fernande Jean-Charles à Petit-Goâve pour rentrer en contact avec l’institution à Belladère autour des procédures d’inhumation.
Le GARR présente ses sincères condoléances aux parents de la victime tout en exhortant les autorités concernées à déployer tous leurs efforts pour que justice soit rendue.
 
 

 

Des morts et des blessés dans un trafic de personnes à la frontière Nord

 

Lundi 11 novembre 2010

Source: GARR
 

Un véhicule transportant un groupe de sans-papiers haïtiens en direction de Santiago, au Nord de la République Dominicaine a percuté contre un arbre, causant la mort d’une dizaine de ses occupants sur place et 17 blessés graves, selon les témoignages recueillis par le GARR auprès de quelques victimes dont Franklin Lafond, 21 ans. L’accident est survenu dans la nuit du 1er au 2 novembre 2010.

Hospitalisé pour une fracture à la jambe, le jeune Lafond rapporte qu’il faisait partie d’un groupe de «150 Haïtiens qui, depuis Jacmel, (Sud-est d’Haïti), avaient été conduits à Ouanaminthe (Nord-Est) par un trafiquant du nom de Voyèle Lafleur, le 28 octobre écoulé ». Arrivés dans la localité frontalière de Meillac, «le trafiquant nous a répartis en petits groupes de 30 personnes afin de faciliter l’entrée en territoire voisin», a expliqué Lafond.

Une autre jeune victime, Ifeta Lubin, 18 ans, a déclaré que «les passagers ont failli tous mourir au moment de traverser la frontière quand une patrouille militaire a ouvert le feu sur notre véhicule piloté par un chauffeur dominicain». Il n’y avait eu aucun blessé suite à ces tirs, a-t-elle affirmé, ajoutant que le chauffeur leur avait demandé peu après de quitter le véhicule en leur indiquant une cachette. Après trois nuits dans les buissons, un autre conducteur dominicain était venu chercher le groupe le 1er novembre en vue de poursuivre le voyage, selon Ifeta Lubin. « Chaque voyageur avait versé 4000 gourdes à Voyèle Lafleur pour cette traversée.», a-t-elle souligné.

De son côté, Lefane Pierre Paul, 48 ans, une autre victime hospitalisée à Ouanaminthe, a confié : « Je souffre énormément alors que je n’ai pas d’argent pour me payer les soins médicaux. » ajoutant d’un ton plein d’amertume : « Nous avons vendu tout ce que nous possédions pour payer le voyage. Malheureusement, nous n’avons pas pu arriver à destination ».

Il convient de souligner que contrairement à la République Dominicaine, il n’existe jusqu’à date aucune législation spécifique punissant la traite et le trafic de personnes en Haïti. Suite à un plaidoyer mené par un collectif d’organisations dont le GARR, le Parlement haïtien avait ratifié, en 2009, la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée et ses deux protocoles additionnels dont celui relatif à la traite et le trafic de personnes. Toutefois, il manque encore une loi nationale d’application.
Aux termes de l’article 2 de la loi dominicaine no 344-98 sur le trafic de personnes, il est établi que : « Si comme résultat ou à l’occasion de voyages illégaux, devait se produire la mort d’une ou de plusieurs personnes, on imposera aux responsables de n’importe quelle action punie par la présente loi une peine de réclusion non inferieure à 20 ans et non supérieure à 30 ans et des amendes entre 25 mille et 100 mille pesos de même que l’obligation d’indemniser les membres de la famille des victimes pour concept de dommages et intérêts ».

 
Les autorités de Belladère proposent une issue aux commerçants-es haïtiens

Mercredi 10 novembre 2010

Source : GARR

Après une rencontre réalisée avec des responsables dominicains au portail frontalier de Carrizal/Haïti, le 8 novembre 2010, les autorités de Belladère ont annoncé diverses mesures. Elles concernent les commerçantes et commerçants haïtiens privés d’accès au marché dominicain d’Elias Piňa suite aux dispositions prises par l’Etat voisin face à l’épidémie de choléra apparue en Haïti à la mi-octobre 2010.

Les marchandises haïtiennes stockées dans les entrepôts dominicains pourront être récupérées par leurs propriétaires après identification et ramenées en Haïti, a confié le maire de Belladère, Emile Luckner à un représentant du GARR dans cette ville frontalière. Ces opérations de récupération se réaliseront en présence des autorités municipales, a-t-il précisé.

Les commerçantes et commerçants qui le souhaitent pourront exposer les marchandises en question dans l’aire du nouveau complexe administratif de Carrizal où des tentes seront érigées, a indiqué le maire, ajoutant que les ressortissants dominicains en quête de ces produits pourront traverser la frontière pour effectuer leurs achats.

Ces nouvelles mesures interviennent après plusieurs jours de tension à la frontière de Belladère où de nombreux usagers haïtiens frustrés des échanges commerciaux habituels à Elias Piňa avaient exprimé leur mécontentement face à l’attitude des autorités dominicaines qui persistaient à leur refuser l’accès à leurs marchandises entreposées dans cette ville frontalière.

Soulignons qu’avant cette rencontre binationale du 8 novembre à la frontière de Belladère, les mesures d’interdiction touchaient à la fois les personnes et les marchandises. Désormais, les restrictions ne concernent que les produits en provenance d’Haïti.

 

 

 



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