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GARR

03/08/2009

 

Le GARR réclame un accompagnement matériel et psychologique
pour les victimes du dernier naufrage au large des iles Turks & Caïcos




30 Juillet 2009

Le GARR salue la mémoire des victimes du naufrage du lundi 27 juillet 2009, au large des Iles Turks & Caïcos, qui a occasionné la mort de 16 personnes et la disparition de 65 autres. Il demande à l’Etat Haïtien de fournir un accompagnement psychologique et matériel aux survivants qui, après avoir dépensé leurs maigres économies pour payer les frais de voyage aux trafiquants, reviennent du drame traumatisés et avec des séquelles psychologiques inimaginables.

Le GARR regrette que des êtres humains perdent leur vie dans ces conditions. Il espère que ce drame soit enfin l’élément déclencheur de l’action gouvernementale contre le trafic et la traite de personnes.

Cet énième incident montre une fois de plus combien le trafic et la traite de personnes sont bel et bien des problèmes qui s’attaquent au droit à la vie et à la dignité humaine qu’il convient de combattre.

Les autorités de l’Etat ainsi que la société haïtienne ne peuvent plus rester indifférents face à un phénomène qui ne cesse de faire des victimes dans les rangs de la population, en particulier chez les jeunes, tant à la frontière haïtiano-dominicaine que dans les eaux de la mer des Caraïbes.

Ces aventures périlleuses sont organisées par des trafiquants sans scrupules qui agissent en toute impunité sur tout le territoire national, profitant de la détresse d’une population abandonnée à elle-même. Les survivants du naufrage du 27 juillet 2009 ont déclaré à des organisations œuvrant aux Iles Turcs & Caïcos que le bateau qui les transportait a été appréhendé aux larges du Cap-Haitien par des éléments de la Police, mais a pu, tout de même, continuer son chemin après avoir versé une somme de US $800.00.

Le GARR rappelle que, lors d’un forum réalisé en août 2008 à Port-au-Prince, dans le cadre de la célébration de la journée du Souvenir de la Traite Négrière et de son Abolition, plus de 300 Haïtiens-nes participant à cette rencontre avaient qualifié ces types de voyages, sur de frêles embarcations, de nouvelle forme de traite négrière qui rappelle la période coloniale.

Le GARR profite de l’occasion pour renouveler au gouvernement les demandes faites par les participants-es à ce forum qui avaient sollicité des mesures concrètes en faveur des groupes les plus vulnérables de la population en vue de diminuer l’influence des trafiquants et de donner à la population une raison d’espérer. Parmi ces mesures, le forum d’août 2008 avait proposé la création d’emplois pour inciter les jeunes à rester chez eux, la mise en place d’une politique sociale en faveur des femmes cheffes de familles et un appui aux paysans sans terre pour qu’ils puissent disposer de moyens leur permettant de produire et de s’occuper de leurs familles.

Le GARR encourage le Parlement haïtien qui avait ratifié en mars 2009 la Convention Internationale contre la criminalité transnationale organisée et ses trois protocoles additionnels, à voter une loi-cadre sur la traite et le trafic permettant aux autorités de sévir contre les trafiquants de personnes et de mieux accompagner les victimes.



Pour le GARR,

Colette Lespinasse
Coordonnatrice



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