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Collectif Haïti de France

27/07/2009

 

Au nom de l’association Haïti Développement et du Collectif Haïti de France

 

 

L’Association « Haïti Développement » et le Collectif Haïti de France saluent la mémoire d’un de ses militants associatifs, un meneur d’hommes de la communauté haïtienne de France, le feu ingénieur René Benjamin. Toute sa vie a été un exemple d’abnégation et du don de soi. Jusqu’ au dernier soupir, il s’inquiétait du devenir de « Haïti Développement ». Cette œuvre ô combien bénéfique pour la communauté haïtienne de France en général et en particulier pour les primo migrants en situation irrégulière qui se trouvaient seuls face aux institutions françaises de l’immigration.

René Benjamin était toujours disponible pour ses compatriotes jusque très tard dans la soirée. Sa maison accueillait les uns pour traiter leurs demandes de toute nature et les autres qui, faute de toit, étaient à la rue. Nous voulons croire qu’ils sont plusieurs milliers de personnes à évoquer sa mort en se souvenant d’une démarche faite par René Benjamin en leur faveur devant l’OFPRA, les préfectures ou même des bailleurs sociaux pour l’octroie d’un appartement par exemple. En effet, lors de la soirée (veillée) organisée en sa mémoire à l’AGECA le mardi 21 juillet 2009, ils étaient nombreux à témoigner des bienfaits de René.

A l’occasion de la mort de ce grand homme, nous ne pouvons nous empêcher de tracer brièvement l’itinéraire de son œuvre phare « Haïti Développement » qui lui tenait à cœur. Œuvre qui l’a rendu très populaire parmi ses compatriotes et par devant les institutions françaises.

La création de ce mouvement qui allait devenir « Haïti Développement » remonte aux années 1960. En effet, avec l’arrivée de plus en plus importante d’étudiants haïtiens en France, il fut le premier à créer en 1961 une structure pour les encourager à participer au développement d’Haïti à leur retour. Le développement du pays a toujours été le mobile de ses actions. Un Haïtien en formation en France doit penser d’abord à travailler pour l’avancement d’Haïti, avait-il coutume de dire. Mais, cette structure, son mouvement, a dû subir une mutation face à l’arrivée de plus en plus massive d’Haïtiens des classes laborieuses à la fin des années 1960/ début des années 1970.

M. Benjamin a transformé les objectifs de son organisation afin d’aider à l’intégration de nos frères et sœurs en provenance des milieux populaires et paysans. En fait, « Haïti développement » est l’une des toutes premières associations à établir le lien entre la communauté haïtienne et les institutions françaises. En allouant des subventions à « Haïti Développement » pour accompagner les demandeurs d’asile dans leurs démarches, l’État français reconnaît la nécessité de ce type de médiation. Et pour cause, M. Benjamin et sa petite équipe aidaient environ chaque année entre 600 et 2000 Haïtiens à solliciter la régularisation de leur statut, soit comme demandeurs d’asile, soit, plus récemment, par le biais de la carte vie privée-vie familiale.

Une partie du succès de « Haïti Développement » vient de la position de M. Benjamin en tant que responsable de la communauté catholique haïtienne de Paris. Comme M. Benjamin participait à la pratique religieuse des Haïtiens, en même temps qu’il traitait directement avec les autorités françaises, il était un médiateur plus efficace que d’autres Haïtiens qui travaillaient exclusivement dans le domaine civil .

René Benjamin a été l’un des fondateurs du Collectif Haïti de France, officialisé en 1992. Il fut également le premier Président de la Plate-forme des associations franco-haïtiennes (Pafha), en tant que tel, il a été à l’origine de la création du Forum des organisations de solidarités internationales issues des Migrations (Forim).

L’émoi soulevé par la nouvelle de la mort de René témoigne de l’immense sympathie dont il jouissait au sein de la communauté haïtienne de France. De toutes parts, les mots de condoléances viennent rappeler combien sa disparition restera gravée dans notre mémoire collective pour ce qu’il a représenté aux yeux des compatriotes, quelle que soit leur classe sociale.

Que le ciel, dans ces moments difficiles, réconforte les cœurs affligés par la disparition de ce patriarche de la défense de nombre de migrants qui sans l’aide de « Haïti Développement » seraient toujours en situation précaire en France ou retournés en Haïti.

 

Bogentson ANDRE
Secrétaire général de Haïti Développement
Membre du Conseil d’administration du collectif Haïti de France
Membre du Bureau de la Plate-forme des Associations franco-haïtiennes.









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