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RNDDH

09/06/2009


Prise de position du RNDDH sur les revendications des étudiants de la capitale

Déclaration du Directeur Exécutif du RNDDH, Pierre Espérance

Le Réseau National de Défense des Droits Humains (RNDDH) constate que depuis quelques jours, le mouvement revendicatif des étudiants des Universités d’Etat, suivis de ceux des universités privées, de certains écoliers et d’autres jeunes de la capitale prend, au fil des jours, plus d’ampleur.

Les revendications de ces étudiants s’articulent autour de deux points :
D’un côté, les étudiants réclament du gouvernement actuel la promulgation de la proposition de loi, fixant le salaire minimum des ouvriers haïtiens à deux (200) cents gourdes. D’un autre, ils exigent du Rectorat, des réformes en profondeur dans les onze (11) entités d’Etat, particulièrement dans celle de la faculté de Médecine et de Pharmacie.

Cependant, malgré la justesse de leurs revendications, le RNDDH condamne les actes de violence perpétrés au cours de ces manifestations où, plusieurs vitres de véhicules ont été brisées et des voitures incendiées. Par ailleurs le RNDDH fustige le comportement répressif des policiers de la PNH et de la MINUSTAH. Cette attitude qui témoigne d’un manque de professionnalisme des forces de l’ordre ne fait qu’empirer une situation déjà précaire. Le RNDDH désapprouve l’usage abusif de gaz lacrymogène que ces derniers utilisent à l’encontre des étudiants et, par ricochet des résidants de l’Avenue Christophe.

Le RNDDH réprouve l’intervention barbare des forces de l’ordre dans l’enceinte de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti (HUEH) à l’encontre des étudiants, au moment où, ces derniers se faisaient soigner par le personnel médical. Même en période de guerre, l’Hôpital qui est un lieu paisible, destiné à soigner les Malades, quels qu’ils soient, doit être respecté. Ces types d’interventions sont donc inacceptables.
Le RNDDH constate que la Police a procédé à l’arrestation de vingt-quatre (24) jeunes au sein de ces manifestants et rappelle que le droit de revendiquer, de manifester est un droit fondamental, inaliénable à tous.

Le RNDDH considère que le comportement laxiste du gouvernement est à la base de ce mouvement. En effet, il est incompréhensible que l’Exécutif cherche à entamer des discussions avec le Parlement seulement aujourd’hui, sur un projet de loi qui a été mis au vote depuis trois (3) ans.

Le RNDDH se demande aussi pourquoi les responsables des décanats des différentes facultés n’ont pas cherché à rencontrer les étudiants pour discuter des réformes qu’ils réclament au niveau des Universités de l’Etat arguant que les fonds pour effectuer ces réformes ne sont pas disponibles, alors que la corruption au sein des institutions de l’Etat fait rage et que plus de 197 millions de dollars américains ont été dépensés de façon fantaisiste sous prétexte que l’état d’urgence a été décrété.

Le RNDDH comprend la colère et la frustration de ces étudiants. Cependant, il croit que leurs revendications doivent se faire pacifiquement. De plus, il demande aux autorités policière et judiciaire la libération sans condition, de tous les jeunes arrêtés dans le cadre de ces manifestations.

Le RNDDH exhorte le Président René PREVAL et le Chef du Gouvernement, Madame Michèle D. PIERRE-LOUIS, à faire la publication, dans le journal officiel Le Moniteur, dans un délai raisonnable, de la Loi sur le salaire minimum. Le Président Préval et Madame Pierre Louis doivent aussi fixer leur position sur la question des réformes des Universités d’Etat réclamées par les étudiants. Ces discussions devront se faire avec le Rectorat de l’Université, les décanats des 11 entités et les associations des étudiants, ce, pour aboutir à un consensus entre les différentes parties.

Enfin, le RNDDH rappelle au gouvernement en place que toute politique de « laissez-Grennen » ne peut conduire qu’à la débâcle !

 



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