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Le Nouvelliste

06/05/2009

 

Haïti: Comment ont-ils pu laisser le pays?


Les 12 jeunes haïtiens (de 7 à 17 ans) retrouvés sans accompagnement dans un aéroport de Curaçao ont été rapatriés la semaine écoulée à Port-au-Prince. Ayant laissé la capitale haïtienne un mois plus tôt, soit le 4 avril écoulé, ces jeunes ont été placés dans un centre d'hébergement avant leur rapatriement en Haïti. Deux d'entre eux âgés de plus de 16 ans, a-t-on appris, ont été menottés par les autorités de Curaçao.

Les mineurs rapatriés, selon les déclarations de la directrice de l'Institut du Bien-Etre social et de Recherche (IBESR), Jeanne Bernard Pierre, devraient rejoindre leurs parents au Surinam. « Il ne s'agissait pas de traite d'enfants », a-t-elle fait remarquer. Mais, les jeunes avaient attiré l'attention des agents de l'immigration de Curaçao en fournissant des réponses contradictoires aux questions auxquelles ils devaient répondre avant de laisser l'aéroport pour se rendre au Surinam. L'un d'eux qui a une vingtaine d'entrées et de sorties dans son passeport, dit avoir voyagé pour la première fois. « Cela prouve que le voyage a été organisé », estime Mme Pierre.

Les 12 mineurs avaient laissé le pays à bord du même vol. Ils étaient accompagnés de sept adultes, dont la mère du plus jeune, agé de sept ans. Ils ont tous été arrêtés par la police de Curaçao. « Heureusement, ils ont été arrêtés ! », s'est exclamée l'une des personnalités ayant accueilli les jeunes à leur arrivée à Port-au-Prince. De fortes sommes d'argent auraient été versées aux passeurs par les proches des jeunes rapatriés.

« Comment se fait-il que des mineurs arrivent à laisser l'aéroport international Toussaint Louverture sans accompagnement, ni un certificat des autorités compétentes ? », fulmine Geslet Bordes, psychologue consultant à l'Organisation internationale de la Migration. « Nous devons identifier et punir toutes les personnes impliquées de près ou de loin dans cette affaire », a ajouté, pour sa part, la directrice de l'IBESR. Car, affirme-t-elle, si les 12 mineurs ont pu facilement voyager sans aucune autorisation de son institution, cela prouve qu'il y a des complices. Mme Pierre dit attendre des détails du consulat d'Haïti à Curaçao pour lancer une enquête. Elle a, par ailleurs, précisé que tous les jeunes ont déjà été remis à leurs proches en Haïti. En attendant l'enquête...


Jean Pharès Jérôme
Source : Le Nouvelliste (HAITI)



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