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Reporters Sans Frontière

02/04/2009


Reporters sans frontières
2 avril 2009

Haïti : le juge d'instruction en charge de l'affaire Jean Dominique mis en disponibilité pour "corruption"


Le ministère de la Justice et de la Sécurité publique a annoncé, le 30 mars 2009, la mise en disponibilité pour "actes de corruption graves" de Fritzner Fils-Aimé, le dernier juge d'instruction en charge de l'enquête sur l'assassinat, le 3 avril 2000 à Port-au-Prince, du directeur de Radio Haïti Inter, Jean Dominique. Fritzner Fils-Aimé, mais aussi le commissaire du gouvernement de Jérémie (Sud-Ouest), Joseph Descharles, et le substitut du commissaire du gouvernement de Petit-Goâve (Sud-Ouest), Patterson Dorval, font l'objet d'une plainte de leur ministère de tutelle et connaîtront leur sort à l'issue d'une audience au Conseil supérieur de la magistrature. Fritzner Fils-Aimé était le sixième juge d'instruction à avoir été saisi du dossier Jean Dominique, depuis 2006. Dépositaire d'une commission rogatoire de la cour d'appel de Port-au-Prince, il avait pour mandat d'identifier les commanditaires de l'assassinat du journaliste. A ce jour, seul un suspect, Mercidieu Toussaint, arrêté en août 2007, a été placé en détention dans le cadre de cette affaire. Rencontré par Reporters sans frontières, le magistrat se plaignait d'un manque de moyens. Il a récemment dénoncé une "absence d'intérêt de la cour d'appel" pour ce dossier.

"Neuf ans après l'assassinat de Jean Dominique, le dossier sera passé entre les mains de six juges d'instruction et l'impunité totale demeure. Cet épisode, que nous ne pouvons commenter sur le fond, s'ajoute malheureusement aux nombreux échecs de l'enquête. L'absence de résultats reprochée au juge Fils-Aimé tient-elle seulement aux manquements de ce dernier ? Y a-t-il eu une claire volonté, judiciaire et politique, d'élucider cette affaire ? Y aura-t-il nomination d'un nouveau magistrat ? Toutes ces questions se posent alors que le délitement de la procédure, au fil du temps, rend de plus en plus improbable la manifestation de la vérité", a déclaré Reporters sans frontières.



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