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GARR

07/08/2008

Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés
GARR
69, Rue Christ-roi
Port-au-Prince, Haïti
Téléphone (509) 22-45-6525
e-mail: garrhaiti@yahoo.com ,
site : www.garr-haiti.org

Agressions à la frontière



Le GARR exhorte les autorités haïtiennes à se responsabiliser pour le respect du droit à la vie des citoyens-citoyennes

Au moins six Haïtiens-Haïtiennes ont été tués par des militaires et civils dominicains entre janvier et début août 2008. Ces attaques criminelles se sont produites dans le silence du Pouvoir central haïtien et le laxisme de l’appareil judiciaire dominicain.

Le 2 août, vers 7 heures du soir, Frantzy Grand-Pierre, 23 ans, originaire de Belladère, a été abattu à bout portant, par des policiers dominicains en uniforme, dans une station d’essence de la province frontalière d’Elias Pina, où il venait de s’approvisionner. Le sergent Enrique Pérez Castillo et le lieutenant Franklin Terrero sont cités comme les présumés auteurs de ce meurtre.

Le 25 Juin, un ressortissant haïtien a rendu l’âme après qu’un chauffeur dominicain l’eut blessé á l’arme blanche, au portail frontalier de Carrizal (Belladère). Ce facteur originaire de Saint-Marc réclamait des explications au chauffeur au sujet d’une somme d’argent qu’il lui avait confiée pour des Haítiens résidant à Santo Domingo, et qui ne serait pas arrivée à destination. Les pièces d’identité de la victime auraient été subtilisées avec le sac qu’il transportait. Le cadavre est resté entre les mains des autorités dominicaines.

Le 14 mai, une commerçante haïtienne, Nerlande François, témoignait au micro de plusieurs journalistes à Port-au-Prince, sur le crime perpétré contre son mari, Oblien Mésadieu, passager à bord d’un autobus qui faisait route vers Santo Domingo. Le chauffeur, avec insistance, lui réclamait son passeport muni d’un visa régulier, qui avait été déjà révisé à un poste de contrôle militaire. Face au refus du ressortissant haïtien, le chauffeur s’est emporté, l’a frappé et l’a abattu de plusieurs balles, devant témoins.

Le 1er avril 2008, à la frontière d’Anse-à-Pitres/Pédernales, Lionel Momplaisir, 28 ans, a été la cible de Julio César, un agent du Corps dominicain Spécialisé (CESFRONT). Quelques instants auparavant, le ressortissant haïtien avait refusé une fouille irrégulière de la part du militaire dominicain qui, depuis Pedernales, a tiré en sa direction et une balle l’a atteint au cou.

Au mois de mars, en l’espace de 4 jours, deux Haïtiens ont été abattus par des membres de la force publique dominicaine à Dajabon, ville frontalière limitrophe de Ouanaminthe. Il s’agit d’Anite Joazard, tuée le 24 mars et d’Antoine Jean, abattu le 28 mars.

Le 22 janvier 2008, vers 9 heures du matin, un agent de la Police dominicaine, en poste à Elias Pina, a tiré dans le dos, un cultivateur haïtien. Ce dernier, Iloxène Antoine, 50 ans, a rendu l’âme, laissant une progéniture de 4 enfants. Le policier, Franklin Terrero, est le même qui est pointé du doigt dans le meurtre perpétré le 2 août 2008, sur le jeune haïtien Frantzy Grand-Pierre.

Soulignons que ces cas correspondent aux crimes constatés et perpétrés devant témoins, en divers points frontaliers et sont loin de la réalité de la violence subie par des ressortissants-es haïtiens, loin des regards. La non-publication des rapports d’ enquêtes par la justice dominicaine voire l’absence de poursuites véritables ne font que conforter les auteurs de ces actes.

Le GARR s’indigne du silence prolongé des plus hauts responsables de l’Etat face à cette multiplicité d’actes criminels commis contre des citoyens-citoyennes qui ne font qu’exercer leur droit à la libre circulation d’un pays à l’autre, consacré par la Déclaration Universelle des Droits de l’homme inscrite dans la Constitution haïtienne.

Le GARR encourage les Commissions parlementaires spécifiques comme celles de la frontière, des Affaires Etrangères, des Droits humains, de la Justice et de la Sécurité publique à se prononcer sur ce dossier brûlant des relations haïtiano-dominicaines et engager un suivi adéquat, en vue de défendre le droit à la vie de chaque Haïtien-Haïtienne.

La frontière reste, sans nul doute, le premier baromètre des rapports entre nos deux peuples et cette région ne saurait être livrée aux violations constantes des droits de la personne, à l’impunité, à l’indifférence institutionnalisée, mais au règne de la loi et de la justice, selon les prescrits conjugués des législations nationales et des conventions internationales ratifiées par Haïti et la République Dominicaine.


Lisane André
Responsable de la Section Communication et Plaidoyer



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