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Coordination Europe Haïti

16/07/2008


Ci-dessous, veuillez prendre connaissance de la lettre envoyée par la Coordination Europe Haïti aux représentants des gouvernements européens et à l'Union Européenne, à l'occasion de la Conférence de Madrid du 15 juillet 2008 relative à la crise alimentaire en Haït, afin de continuer à les sensibiliser à la question de la souveraineté alimentaire et à l'appuis à l'agriculture paysanne en Haïti.

9 juillet 2008
Crise alimentaire en Haiti


Les organisations de la Coordination Europe-Haïti (CoE-H) saluent l’engagement récent de l’Union européenne en Haïti suite à la crise alimentaire qui a secoué fortement le pays dans les derniers mois.

En référence à une communication récente envoyée par le Directeur Générale de la DG Développement à la Commission EU, Stefano Manservisi, à la Plate-forme d’Haïti pour les Pays-Bas et à la Coordination Europe-Haïti en juillet 2008, nous avons appris que l’UE est en train de chercher des réponses à cette crise. La Commission EU envisage l’octroi d’une tranche financière dans le cadre de l’aide humanitaire (3 M euros) et l’approbation d’une nouvelle décision sur la sécurité alimentaire (2 M euros) ; elle est également en train de penser une stratégie pour réorienter certains programmes au financement d’activités génératrices de revenu pour la population haïtienne la plus démunie toute en employant de la main d’œuvre locale.

Les organisations de la CoE-H préoccupées par l’état d’urgence du pays, se sont concertées également à ce sujet. Avant la prochaine conférence internationale du 15 juillet à Madrid qui aura comme thème principal le secteur agricole en Haiti, ces organisations souhaitent attirer l’attention de l’UE sur un nombre de priorités en matière de souveraineté alimentaire.

L’aide européen dans le secteur de la sécurité alimentaire devrait prioriser :

1. La valorisation de la production nationale d’Haiti via l’achat d’aliments produits au niveau local (dans le cadre des programmes européens d’appui à l’alimentation des villes). Il faut aussi donner priorité à l’appui technique, aux activités agricoles familiales et au renforcement des organisations paysannes à travers la formation et la création de services agricoles. Il faut également établir des systèmes de contrôle de l’aide alimentaire en fonction des besoins réels de la population vulnérable et veiller à ce qu’elle ne contribue pas à faire disparaître les traditions alimentaires haïtiennes;

2. La prise en compte du problème foncier dans les programmes européens ;

3. L’appui à la planification et programmation décentralisée participative ainsi qu’aux directions départementales et aux organisations professionnelles agricoles ;

4. L’appui au développement des infrastructures secondaires pour favoriser l’émergence de petites et moyennes industries de transformation, le transport des productions rurales et la promotion de la consommation locale ;

5. La protection de l’environnement par une agriculture durable ;

6. L’appui aux opérateurs économiques dans le domaine de la transformation agricole en créant des véritables contrats de culture pour l’approvisionnement ;

7. Une politique énergétique autonome en limitant la concurrence sur les terres existantes utilisées pour la production alimentaire, d’une production à destination d’agro-carburants ;

8. L’aide à l’intégration régionale en soutenant la mise à niveau progressive des barrières douanières d’Haïti avec le Tarif Extérieur Commun de la CARICOM, et en s’assurant que le pays renforce ses secteurs économiques avant de rentrer dans une compétition totalement ouverte.

Tout programme qui demande des transformations réelles doit être lancé à partir d’un dialogue où le gouvernement, le parlement, le secteur privé local et national, les élus des collectivités territoriales et les secteurs organisés de la société civile élaborent, mettent en œuvre et évaluent ensembles un cadre global et opérationnel de développement. L’expérience montre qu’en Haïti les initiatives de développement et leurs résultats ne sont pas durables s’ils ne sont pas portés par la population locale.

En annexe vous trouverez le document de positionnement de la Coordination Europe-Haïti.


Contact : Alessandra Spalletta, Coordinatrice auprès de la Coordination Europe-Haïti, Rue des Tanneurs 165, B 1000 Bruxelles, Tél: +32 2 213 04 18 Mob: +32 (0)486 647 612 ; email : a.spalletta@broederlijkdelen.be



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