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Ligue des Droits de l'Homme - Guadeloupe

22/04/2008


Communiqué de Presse

 

Pointe-à-Pitre,
le 17 avril 2008
Fax : 0590 90 26 78
Tél :0590-83-44-07 0690-56-26-15 0690-54-69-80



 Il faut des émeutes de la faim et des morts en Haïti pour qu’on parle de ce pays, ainsi que de la communauté haïtienne en Guadeloupe.

Dans le même temps que nous sommes convoqués à nous apitoyer sur le sort des « pauvres haïtiens », le préfet sommé de remplir les quotas d’expulsion décidés par Messieurs Sarkozy et Hortefeux multiplie les OQTF (Obligation à Quitter le Territoire Français) – sur les 25000 expulsions réclamées près de la moitié sont fournies par les Antilles et la Guyane – et fait pression sur les forces de gendarmerie pour procéder à des expulsions. Ces décisions sont rendues difficiles à contester, puisque les recours contre une décision d’expulsion ne suspendent plus depuis 2006 l’exécution de la mesure, contrairement à la loi en vigueur en métropole.

C’est ainsi qu’en janvier 2008 Altagrace(*) est expulsée laissant sa petite fille de trois ans et demi avec son père, qu’Elmire(*) est renvoyée en Haïti laissant son mari gravement malade. Et puis il y a aussi Alfred (*) laissant sa femme avec des jumeaux de quelques mois. Et puis tant d’autres…Ces expulsions ont lieu au mépris de la vie des familles et du bon développement des enfants et les demandes de regroupement familial sont soumises à de telles conditions qu’il est généralement impossible de l’obtenir.

Pourtant la France est signataire de la Convention Internationale des droits de l’enfant qui stipule dans son article 3-1 « Dans toutes les décisions qui concernent les enfants (…) l’intérêt supérieur de l’enfant doit être une considération primordiale. » et son article 9 « Les Etats veillent à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents ». La France est également signataire de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales qui déclare dans son article 8 « Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ».

La section guadeloupéenne de la Ligue des Droits de l’Homme proteste contre ces entreprises de destruction des familles et de maltraitance des enfants. Elle attire l’attention du Conseil Général, garant de la protection de la mère et de l’enfant avec son service de P.M.I, sur les graves préjudices subis par les enfants qu’il a mission de protéger.

(*) nous avons bien évidemment changé les noms des personnes concernées.

La LDH Guadeloupe, le Collectif Guadeloupéen contre la xénophobie et Amnisty International tiendront une conférence de presse le samedi 3 mai 2008 à 10H. Lieu à préciser.

Pour Le Président de la LDH Guadeloupe,
David DAHOMAY, secrétaire.



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