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Esclaves au Paradis à Plaisance: les jeunes réclament un avenir

07/03/2008

Esclaves au Paradis à Plaisance :
Les jeunes réclament un avenir
Note de presse, 6 mars 2008

 

L’exposition de photos de coupeurs de canne haïtiens "Esclaves au Paradis" a été présentée au Centre de Lecture et d’Animations Culturelles de la ville de Plaisance, au Nord d’Haïti, du 28 février au 2 mars 2008.

«Aller en République Dominicaine, n’est pas la solution» tel était le thème choisi par le Comité organisateur de l’Exposition, integré par TET KOLE TI PEYIZAN AYISYEN, Le GROUPE D’ACTION POUR LE DEVELOPPEMENT REGIONAL et Le CLUB LITTERAIRE DES OPTIMISTES DE PLAISANCE. Le Comité avait recu l’appui du GARR pour le déplacement de l’Exposition de Port-au-Prince à Plaisance.

Près de 400 personnes ont defilé, le premier jour, devant les photographies de la franco-péruvienne, Céline Anaya Gautier, montrant des coupeurs de canne haïtiens, en pleine jeunesse, machette en l’air dans les plantations sucrières et d’autres en âge avancé, affaiblis, en haillons, sans retraite, sans économie.

D’autres activités étaient associées à l’exposition, telles des projections de documentaires comme "Canne amère", "l’Empire du Sucre", "Sucre noir"; des animations musicales avec le groupe paysan AWOZAM et un ensemble d’exposés-débats autour de la migration ainsi que du trafic et de la traite de personnes vers la République Dominicaine.

La vue de ces images a suscité de nombreuses interrogations chez les jeunes visiteurs-visiteuses. « Que faire lorsqu’après la terminale, nous n’avons aucune perspective d’aller á une faculté, ici à Plaisance sinon nous tourner vers la République Dominicaine ? » s’est interrogée une jeune placentine en uniforme de lycéenne, le 28 février, au vernissage de l’Exposition.

«Nous n’avons même pas la possibilité d’obtenir un passeport ici, il faut se rendre jusqu’à la capitale», a renchéri un autre jeune.

Le 29 février, au lycée de Chatard, non loin de Plaisance, les jeunes ont pressé de questions l’économiste Camille Chalmers après un exposé sur la migration et la pauvreté. «Quand nous restons ici, nous ne trouvons rien de bon, alors qu’en traversant la frontière, nous avons un espoir de trouver quelque chose. Est-ce que partir n’est pas la solution ?» a interrogé un lycéen préoccupé.

«Ce n’est pas la première fois, dans notre histoire, que nous prenons le chemin vers l’étranger; beaucoup d’Haitiens-Haitiennes ont déjà quitté le pays, près de 3 millions, mais la situation d’Haïti ne s’est pas améliorée pour autant», a répondu Camille Chalmers, qui a exhorté les jeunes à opter pour la construction du pays plutôt que le sauvetage individuel.

«Si nous mettions autant d’ardeur à reconstruire notre pays que celle que nous mettons actuellement à le quitter, nous serions déjà bien loin,» a encore affirmé le représentant de la Plateforme Haïtienne pour un Développement Alternatif (PAPDA).

Le 2 mars, à un exposé-débats tenu au CLAC, des enseignants ont pointé du doigt le problème des jeunes écoliers qui abandonnent les salles de classe pour aller prêter leurs services comme ouvriers agricoles sur les plantations de piment en territoire dominicain. «Nous perdons nos jeunes élèves de 8-10 ans, en pleine année scolaire, cela ne peut pas continuer, c’est l’avenir de la communauté qui est en jeu, l’Etat haïtien doit agir vite pour que cela change» s’est écrié un éducateur.

L’Exposition Esclaves au Paradis à Plaisance a été clôturée par la réalisation d’un exercice pédagogique sur la migration des femmes intitulée : "la Valise Pédagogique Genre" avec un groupe de 15 jeunes placentins-placentines, et la remise d’un certificat Honneur et Mérite au GARR, pour son appui à la concrétisation de l’Exposition, la première effectuée dans le Nord d’Haïti et la deuxième depuis le début de l’année 2008.


Lisane André

Responsable

Section Communication et Plaidoyer

GARR

Visiter les site du GARR : www.garr-haiti.org


 



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