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GARR

17/07/2007

Vendredi 13 juillet 2007

La justice haïtienne silencieuse 2 ans après l’assassinat de Jacques Roche

Le 14 juillet 2005 s’est tue la voix du poète militant et journaliste Jacques Roche sous les coups de ses bourreaux qui l’avaient kidnappé à Port-au-Prince, quatre jours plus tôt.

La justice haïtienne, 2 ans plus tard, n’a pas encore exprimé une volonté manifeste de retrouver et punir les auteurs de ce crime odieux.

Mais la voix de Jacques restera encore forte et rebelle à l’injustice, à travers les textes qu’il nous a laissés comme ce poème titré : l’Enfant de la Canne, un cri déchirant sur le sort des enfants des bateys sucriers.(Fin de texte GARR, 13 juillet 2007.)


L’enfant de la canne
Je suis un enfant de la canne
Un enfant de l’enfer
Je n’appartiens à aucune terre
Mes mains murmurent dans le vacarme. Je suis un enfant de la canne
Un enfant de la frontière
Je n’appartiens à aucun pays
Mes mains hurlent dans le silence. Je suis un enfant de la canne
Un enfant de la honte
Je n’appartiens à aucun peuple
Mes mains dénoncent dans le chaos. Je suis un enfant de la canne
Un enfant du désespoir
Je n’appartiens à aucune nation
Mes mains espèrent dans l’oubli. Je suis un enfant de la canne
Un enfant de la révolte
Je n’appartiens à aucune race
Mes mains pleurent dans l’histoire. Je n’ai de cour que le champs
Je n’ai de récréation que le champs
Je n’ai d’horizon que le champs
Mes mains cherchent une patrie
Mes mains quêtent une enfance
Mes mains quémandent une urgence
Et mon regard erre sur l’île…

Jacques Roche

El niño de la cana

Soy un niño de la cana
Un niño del infierno
No tengo tierra
Mis manos susurran en el fragor
Soy un niño de la cana
Un niño de la frontera
No tengo país
Mis manos aúllan en el silencio.
Soy un niño de la cana
Un niño de la vergüenza
No tengo pueblo
Mis manos denuncian en el caos
Soy un niño de la cana
Un niño sin esperanza
No tengo nación
Mis manos esperan en el olvido
Soy un niño de la cana
Un niño rebelde
No tengo raza
Mis manos lloran en la historia
No tengo más patio que el campo
No tengo más recreación que el campo
No tengo más horizonte que el campo
Mis manos buscan una patria
Mis manos buscan una enfancia
Mis manos mendigan una urgencia
Y mi vistazo anda sobre la isla.



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