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GARR

22/06/2007

Etre réfugié-e sur l’île : une dure épreuve !

Note de presse, 20 juin 2007


A l’occasion de la Journée Mondiale des Réfugiés-es célébrée tous les ans, à la date du 20 juin, le GARR attire l’attention sur la réalité des réfugiés-es en Haïti et en République Dominicaine.

En dépit de la ratification par l’Etat haïtien de la Convention de 1951 relative au statut des réfugiés, aucune législation spécifique n’est venue confirmer ces engagements internationaux ; En outre, il n’existe pas la moindre structure étatique préposée à la prise en charge d’éventuels demandeurs d’asile. Un groupe de réfugiés éthiopiens qui bénéficient d’un accompagnement du GARR sont en attente d’une solution sur leur statut depuis leur arrivée en Haïti, depuis près de 2 ans.

En République Dominicaine, le Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants (SJRM) dénonce l’indifférence des autorités dominicaines sur le dossier des demandeurs d’asile haïtiens, qui seraient au nombre de 500. Pourtant, l’Etat dominicain a adhéré depuis 1979 comme Etat-partie à la Convention et au Protocole sur le statut des réfugiés. Les dossiers, en réalité, sont traités au compte-goutte.

Un demandeur d’asile a confié au SJRM qu’il avait effectué à la Chancellerie dominicaine, 93 (quatre-vingt-treize) visites au terme desquelles on lui disait invariablement «Appelez-nous demain ou revenez la semaine prochaine, nous sommes en train d’examiner votre dossier». (espacinsular, 20/6/07)

D’autre part, ceux et celles qui ont été reconnus-es comme réfugiés/es en République Dominicaine, rencontrent des difficultés pour renouveler leurs permis de résidence ; il est des cas où de telles difficultés pour le renouvellement de la cédula (identification), durent depuis 10 ans. Or, le manque de documentation pour les réfugiés et demandeurs d’asile, rend impossible l’accès à un emploi et aux études, autant pour eux que pour les membres de leur famille.

Dans une déclaration diffusée ce 20 juin à Santo Domingo, le Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants souligne la situation préoccupante des fils et filles de réfugiés haïiens nés sur le territoire et auxquels l’Etat dominicain refuse un acte de naissance, les reléguant ainsi dans l’apatridie.


Au terme d’une mission effectuée en territoire voisin, en janvier 2007, l’organisme américain de défense des Réfugiés, Refugees International, avait formulé des recommandations aux deux Etats de l’île, exhortant la République Dominicaine et Haïti «à développer et mettre en œuvre des politiques migratoires viables, y compris un système efficace d’octroi du droit d’asile…»

A l’occasion de la Journée Mondiale des Réfugiés, le GARR salue le courage de tous les réfugiés-es d’ici et d’ailleurs et encourage les citoyens et citoyennes du monde à une solidarité plus active et un engagement quotidien pour s’attaquer aux causes profondes de ces départs forcés et douloureux.



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