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GARR

23/01/2007

Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés
GARR
1ère Rue Rivière, n° 13
Port-au-Prince, Haïti
Téléphone (509)244-4977/ 244-4965/ e-mail: garr-haiti@yahoo.com , site: www.garr-haiti.org

Condamnation de 4 Dominicains accusés
dans le trafic des 25 Haïtiens asphyxiés
Note de presse, 17 janvier 2007


Le Tribunal de Dajabon a condamné 4 ressortissants dominicains dont 2 civils et 2 militaires accusés dans le trafic des 25 clandestins haïtiens morts asphyxiés à bord d’une fourgonnette qui les conduisait au Nord de la République Dominicaine, dans la nuit du 10 au 11 janvier 2006.

Le verdict, prononcé le 15 janvier 2007, met fin à un procès entamé en novembre 2006 et reporté à plusieurs reprises. Des huit accusés retenus pour le jugement, quatre ont été reconnus coupables aux termes de la loi dominicaine # 137-03 contre le trafic illicite de migrants et la traite de personnes promulguée en 2003.

Esteban Martinez Rosario et Elvis Rafael Rodriguez Ortiz, le chauffeur de la fourgonnette à bord de laquelle ont péri les 25 migrants haïtiens ont été condamnés à 20 ans de prison, chacun, et le versement d’une amende équivalant à 250 fois le salaire minimum mensuel dominicain estimé à 3700 ( trois mille sept cents) pesos.

En outre, deux militaires : Keilin Antoni Minier et Santo Peña Rosa, ont écopé d’une peine de 10 ans de prison, chacun, et le versement d’une amende équivalant à 150 fois le salaire minimum mensuel.

Le GARR salue cette décision de l’Etat dominicain qui traduit une préoccupation de sanctionner les trafiquants de personnes à la frontière ainsi que leurs complices impliqués dans cette tragédie du 11 janvier 2006, soldée par la mort de 25 ressortissants haïtiens. Il invite, du même coup, le gouvernement haïtien à manifester concrètement cette même volonté de punir les trafiquants par la promulgation d’une loi spécifique contre le Trafic et la Traite de personnes; egalement, par la ratification d’instruments internationaux comme la Convention des Nations-Unies contre la criminalité transnationale organisée et les deux protocoles additionnels y relatifs. Cela évitera au pays d’être encore placé sur une liste noire d’Etats en passe d’être accusés de tolérer cette activité criminelle.

Le GARR voudrait aussi rappeler que les prescrits de la loi dominicaine sur le trafic prévoit également des compensations aux victimes et leur famille. Ainsi, à l’article 11-2, il est indiqué, entre autres, que le produit des amendes versées servira à indemniser les victimes. Malheureusement, l’Etat haïtien ne s’est jamais soucié d’accompagner les familles des victimes en vue de constituer partie civile à ce procès où quatre ressortissants dominicains ont été reconnus coupables dans le meurtre des 25 sans-papiers haïtiens.

A l’instar du gouvernement Fernandez, le gouvernement Préval-Alexis doit envoyer un signal clair aux trafiquants restés jusqu’ici impunis. (Fin de texte GARR 17/01/07)


 

En souvenir des 25 Haïtiens morts asphyxiés en 2006

 

L’Etat Haïtien doit combattre le Trafic de personnes à la frontière

Note de presse du 12 janvier 2006


Le 11 janvier 2007 marque le premier anniversaire de la mort par asphyxie d’un groupe de 25 Haïtiens, dont une femme, voyageant à bord d’une fourgonnette pilotée par un chauffeur dominicain qui les transportait clandestinement au Nord de la République Dominicaine.

En la circonstance, le GARR, exhorte l’Etat Haïtien à prendre les mesures qui s’imposent et témoigner ainsi de sa volonté de combattre le trafic de personnes en cours sur le territoire et assurer un contrôle effectif de la frontière, une aire où le trafic est constant.

A l’occasion du premier anniversaire de cette tragédie, le GARR attire aussi l’attention du Parlement haïtien sur l’urgente nécessité de ratifier la Convention contre le Trafic et la Traite de personnes ainsi que les protocoles additionnels. En agissant de la sorte, le Parlement offira à la justice pénale haïtienne, un outil de lutte contre ce fléau. Ce sera également un signal clair envoyé à l’opinion publique nationale et internationale confirmant que, dorénavant, l’Etat haïtien n’entend guère tolérer le Trafic et la Traite de personnes sur son territoire.

Selon les informations recueillies par le GARR, depuis le début de l’année 2007, des passeurs (buscones) entreprennent activement la traversée à la frontière, d’un nombre important de sans papiers après leur avoir soutiré de l’argent. A Lascahobas, dans le bas Plateau Central, ces trafiquants réclament 2000 gourdes par tête, avec des promesses de trouver des emplois bien rémunérés en République voisine. Le 11 janvier 2007, le Comité de Terre Froide, dans la zone de Fonds-Verrettes, a assisté 6 Haïtiens abandonnés dans la nature, par des passeurs, malgré le paiement des frais exigés. Ces trafiqués, originaires de localités reculées dans le sud-est du pays, ne disposaient plus d’argent pour retourner chez eux. A Baptiste (Savanette), les trafiquants cheminent avec les sans-papiers, à travers bois, dans des régions inhabitées, ce qui les expose au danger.

Rappelons qu’un grand nombre d’Haïtiens-Haïtiennes sont victimes, chaque année, de ces traversées clandestines. Parmi les incidents les plus tragiques, citons le massacre de Guayubin où 6 Haïtiens moururent, criblés de balles par des militaires dominicains après que ces derniers eurent ouvert le feu sur le camion qui les transportait. En 2006, ce fut le cas des 25 asphyxiés.

En mémoire de toutes ces victimes, l’Etat haïtien doit assumer ses responsabilités ! ( Fin de texte GARR- 12 janvier 2007)



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