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GARR : Réclamation d'un cadre légal

28/11/2006

GARR

1ère Rue Rivière, n° 13

Port-au-Prince, Haïti

 

Téléphone (509)244-4977/ 244-4965/ e-mail: info@garr-haiti.org , site: www.garr-haiti.org

 

Le GARR réclame l’adoption d’un cadre légal

pour combattre la violence faite aux femmes




Note de presse du 24 novembre 2006

A l’occasion du 25 novembre, "Journée Internationale pour l’élimination de la violence faite aux femmes", le GARR tient a rappeler l’ampleur de la violence exercée contre les femmes, en particulier celles qui se retrouvent dans la migration et les échanges transfrontaliers.

Depuis plusieurs années, le GARR accompagne, à la frontière haitiano-dominicaine, des comités qui observent la situation des droits humains dans leurs zones respectives. Quotidiennement, par le biais de ces comités, il enregistre, aux différents points frontaliers, de multiples violences commises sur les femmes migrantes ou commerçantes dans les marchés binationaux.

Récemment en octobre 2006, lors d’une conférence de presse à Port-au-Prince, une délégation de marchandes et marchands d’Anse-à-Pitres/Pedernales ont signalé divers cas d’abus dont elles-ils sont victimes au marché binational de Pedernales. La plupart de ces abus ont été commis par des militaires dominicains ou des tiers qui ont la responsabilité de la gestion du marché. Citons à titre d’exemple, le cas de Rosette Santana, une marchande qui a reçu une gifle au marché de Pedernales et le cas d’une dame blessée à l’arme blanche parce qu’elle s’opposait à la saisie de ses marchandises.

Le GARR signale également que parmi l’importante diaspora haïtienne, se profilent des milliers de visages de femmes aux expériences variées et contrastées qui affrontent généralement la discrimination et souvent la violence.

On estime à 2 millions les Haitien-Haïtiennes vivant à l’étranger, dont une communauté de plus de 500.000 personnes dans le pays voisin, avec un pourcentage significatif de femmes. Le plus souvent, ces femmes partent à cause de violences à caractère sexuel, physique, psychologique et économique. Elles laissent le pays pour essayer de subvenir aux besoins de leurs familles dont souvent elles sont seules à en supporter le poids. Ainsi, la croissante féminisation de la migration haïtienne répond à la féminisation de la pauvreté.

Pour ce qui concerne les femmes migrantes haïtiennes en République Dominicaine, une étude menée par le GARR et MUDHA en 2005 et titrée " En Quête de la Vie ", révèle qu’elles sont en majorité « issues de couches défavorisées et sont généralement analphabètes, sans profession et ne disposent que de faibles revenus tirés ordinairement du petit commerce de détail ».

Ces femmes qui partent pour la République Dominicaine courent de grands dangers durant le trajet. Il n’est pas rare que les femmes qui traversent « anba fil » (illégalement) la frontière, soient victimes de viols de la part des passeurs, des « boucons » ou d’autres migrants qui tirent profit de leur situation de vulnérabilité.

Le GARR profite de l’occasion pour attirer l’attention de l’opinion publique haïtienne sur le sort d’une catégorie de femmes migrantes très vulnérables : les Haïtiennes, employées de maison qui sont souvent victimes d’abus sexuels, de violences physiques et psychologiques et dont les droits en tant que travailleuses sont continuellement violés.

Nous recommandons à l’état haïtien la négociation avec l’état dominicain d’un accord sur les marchés transfrontaliers. Un tel accord devra viser la clarification des taxes et la mise en place d’un bureau binational de gestion des conflits tout en allégeant les procédures d’octroi des visas "commerçants" afin d’éviter que les femmes travaillant à la frontière ne continuent d’être victimes d’abus.

Le GARR demande également à l’Etat Haïtien, dans le cadre des travaux de la Commission Mixte haitiano-dominicaine, de prioriser le dossier de la migration tout en défendant les droits des femmes migrantes.

Le GARR croit aussi que l’adoption d’un cadre législatif qui permette de lutter efficacement contre la traite et le trafic dont sont victimes les Haïtiennes et les Dominicaines sur l’île est une urgente nécessité. Il estime que ce cadre légal permettra la cessation de l’impunité dont jouissent les trafiquants et les passeurs.

Ce 25 novembre 2006, le GARR s’associe à toutes les femmes et tous les hommes opposés à la violence envers les femmes en Haïti et partout dans le monde et qui luttent pour que les femmes puissent enfin jouir d’une vie sans violence sexuelle, physique, psychologique et/ou sociale. (Fin de texte GARR – 24/11/06).



Lisane André

Responsable

Section Communication et Plaidoyer



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