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GARR : réactions suite à la déclaration

25/10/2006

Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés
GARR
1ère Rue Rivière, n° 13
Port-au-Prince, Haïti
Téléphone (509)244-4977/ 244-4965/ e-mail: garr-haiti@yahoo.com , site: www.garr-haiti.org

Le GARR demande des clarifications à la MINUSTAH
Sur les Déclarations faites par Mme Mendelson sur Haïti
et sur les réfugiés haïtiens

Le Groupe d’Appui aux Rapatriés et Réfugiés (GARR) a appris avec consternation et indignation, les déclarations discriminatoires de la conseillère principale du Chef de la MINUSTAH en Haïti, Mme Johanna Mendelson, qui participait à un débat à Punta Caña (Est de la République Dominicaine), le 14 octobre 2006, en marge de la Conférence Internationale des Amériques.

Au cours de cette rencontre organisée par le Bureau des Nations-Unies en République Dominicaine et la Fondation du président Leonel Fernandez, FUNGLODE, Mme Mendelson a déclaré ce qui suit : « Pour la République Dominicaine, pays qui expérimente depuis les dix dernières années un fort taux de croissance économique et de progrès, la présence à ses côtés d’Haïti, un Etat en faillite, dont le nom figure sur la liste de la Banque Mondiale parmi les pays pauvres et en crise (pays LICUS), est un fait important à prendre en considération. L’échec d’Haïti aura un impact considérable sur l’avenir de la République dominicaine… Son instabilité a déjà entraîné un flux croissant de réfugiés économiques qui tentent d’échapper à la misère et à la violence et a occasionné la propagation du VIH/SIDA à la frontière ».

Plus loin, Mme Mendelson a ajouté: « Nous n’avons aucune raison de laisser un Etat en faillite continuer ainsi dans une région qui, pour le moins, est en voie de prospérité». Elle a poursuivi pour dire que «les pays de la Caraïbe doivent réviser leur agenda politique afin d’éviter que le conflit qui a cours en Haïti soit répandu».

A noter le titre de l’exposé de Mme Mendelson : « Rôle de l’ONU face aux nouvelles menaces mondiales. Les pays de l’Amérique doivent-ils tolérer un Etat en faillite dans leur arrière-cour ? Un appel pour une action multilatérale ».

Le GARR juge, d’une extrême gravité, ces déclarations d’une employée de la MINUSTAH sur Haïti et sur les réfugiés haïtiens, dans une conférence internationale. Ces paroles rappellent et renforcent les propos racistes et xénophobes des ultra-nationalistes dominicains qui font tout pour attiser la haine contre les immigrants haïtiens et créer l’inimitié entre Haïtiens et Dominicains. Elles risquent d’aggraver la situation des droits humains des immigrants haïtiens déjà en proie à de nombreuses difficultés en République Dominicaine. A rappeler que plusieurs immigrants haïtiens ont été victimes en territoire voisin en 2005 et 2006, d’agressions physiques et verbales, sous prétexte qu’ils sont les principaux responsables de certains maux qui affectent ce pays, en particulier la violence et certaines maladies.

Le GARR tient à faire remarquer que si quelque fois, la MINUSTAH, présente à la frontière, s’est montrée intéressée à la situation humanitaire des rapatriés haïtiens, elle ne s’est cependant jamais prononcée formellement sur les violations massives et systématiques de leurs droits perpétrés quotidiennement par les autorités dominicaines dans cette région, ni sur les violences et extorsions d’argent pratiquées sur les Haïtiens/Haïtiennes dans les marchés frontaliers, ni des conditions de vie des travailleurs migrants haïtiens en République dominicaine, ni des cas de trafic et de traite de personnes, dont des enfants, qui ont cours entre les deux pays.

Le GARR comprend mal les déclarations de cette employée de la MINUSTAH à cette conférence où se discutaient les nouvelles menaces mondiales et le rôle de l’ONU face à ces menaces. Il veut savoir s’il s’agit là de l’opinion personnelle de Mme Mendelson ou de celle de toute la Mission des Nations Unies en Haïti.

Le GARR demande au gouvernement haïtien et à la MINUSTAH de réagir, sinon ils devront assumer, devant l’Histoire, les lourdes conséquences que de tels propos ne manqueront pas d’encourager contre les Haïtiens en République Dominicaine et à la frontière.

Port-au-Prince, le 19 Octobre 2006

Pour le Conseil d’Administration du GARR,



Chérubin Tragélus
Président



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