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GARR : la journéee mondiale des réfugiés

26/06/2006

Groupe d'Appui aux Rapatriés et Réfugiés
GARR
1ère Rue Rivière, n° 13
Port-au-Prince, Haïti
Téléphone (509)244-4977/ 244-4965/ 210-0588 e-mail: garrhaiti@yahoo.com , site: www.garr-haiti.org

 

lA JOURNEE MONDIALE DES REFUGIES CELEBREE
SOUS LE SIGNE DE L’ESPOIR

Note de presse, 20 juin 2006


La journée du 20 juin consacrée aux Réfugiés est célébrée cette année sous le thème : « ESPOIR de ne plus etre victime d’INtolérance ». Ce thème retenu par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés-es (UNHCR) veut rappeler à tout un chacun que les 19 millions de Réfugiés-es dans le monde sont des personnes contraintes de fuir les guerres, les conflits et les persécutions afin de trouver ailleurs, que dans leur pays natal, la protection et l’asile. Mais malheureusement, souvent au terme de cette fuite, leur exil commence bien souvent dans l’indifférence ou pire, dans l’intolérance.

Cette journée du 20 juin 2006 est, d’une façon ou d’une autre, marquée un peu partout dans le monde. Plus près de nous, en République Dominicaine, des activités artistiques et culturelles sont prévues par des organisations de Droits Humains où des artistes peintres exposeront leurs œuvres. En la circonstance, un Réfugié politique Haïtien, M. Luis Samuel Roche, et un Ex-Réfugié Haïtien, M. Jose Patricio, sont à l’honneur. Une importante campagne de levée de fonds est lancée par le UNHCR dans la région Asie Pacifique pour aider les millions d’enfants et de jeunes réfugiés-es à trouver des moyens pour accéder à des programmes éducatifs et sportifs.

Dans un message de circonstance prononcé par le Secrétaire Général des Nations Unies, Monsieur Kofi Annan, un appel est lancé pour aider les Réfugiés à vivre dans l’espoir. « Cette journée nous rappelle que nous avons la responsabilité de faire vivre l’espoir chez ceux qui en ont le plus besoin, c’est-à-dire, chez les millions de Réfugiés-es et personnes déplacées qui sont encore en exil », a-t-il déclaré.

Rappelons que beaucoup d’Haïtiens sont obligés de fuir le pays à cause de troubles politiques ou de catastrophes naturelles. Nous les retrouvons un peu partout dans le monde surtout en Amérique du Nord et dans la Caraïbe.

Cette journée de Réfugiés, nous appelle à réfléchir sur le sort de nos compatriotes qui se trouvent ailleurs mais également sur la situation de plus de 19 millions de personnes se trouvant loin de leurs familles, leurs maisons et qui vivent dans des conditions très difficile.


Colette Lespinasse
Coordonnatrice



QUELQUES CHIFFRES SUR LES REFUGIES-ES HAITIENS DANS LE MONDE

20 juin 2006

A l’occasion du 20 juin, Journée Mondiale des Réfugiés-es, le Groupe d’Appui aux rapatriés-es et réfugiés-es (GARR) publie quelques chiffres sur les réfugiés haïtiens dans le monde, particulièrement en Amérique et dans la Caraibes.

En France et dans les Départements d’Outre-Mer :
De janvier à novembre 2005, 4718 dossiers de demande politique d’Haïtiens-Haïtiennes ont été déposées par-devant les autorités françaises. Ce qui fait des Haïtiens, le groupe numéro un sur la liste des demandeurs d’asile. La plupart des demandes ont été déposées en Guadeloupe. Cependant, seuls 2.3% des demandeurs haïtiens ont obtenu le droit d’asile dans les Départements français d’outre-mer contre 12.4% à Paris.

Dans la Caraïbe
A la Jamaïque, 569 Haïtiens-Haïtiennes étaient arrivés par bateau, entre février et mai 2004. Contrairement aux autres pays de la région, la Jamaïque avait pris en charge ces réfugiés en les installant dans des camps, avec l’appui du Haut Commissariat des Nations-Unies pour les Réfugiés (HCR). Environ 300 de ces Haïtiens étaient retournés volontairement en Haïti, durant l’année 2004. Sept demandeurs ont reçu le statut de réfugiés en appel alors que le reste attendait le triste sort du retour forcé.

Selon l’Office National de la Migration (ONM), 634 Haïtiens-Haïtiennes ont été rapatriés-es de force à partir de la Jamaïque durant l’année 2005.

A l’île de la Dominique, 33 Haïtiens avaient demandé l’asile politique, selon les informations recueillies par le HCR. Quatre (4) d’entre eux étaient arrivés en 2004 et le reste en février et mars 2005. Certaines sources font état de nombreuses autres arrivées d’Haïtiens qui transiteraient par cette île pour atteindre la Martinique ou la Guadeloupe. Le chiffre de 8000 personnes est avancé.

A Sainte Lucie, huit (8) Haïtiens sont arrivés et ont demandé l’asile politique en 2004. Ils ont reçu l’autorisation de demeurer sur l’ìle et ont obtenu des permis de travail mais sans pouvoir trouver du travail. D’autres Haïtiens-Haïtiennes seraient arrivés en 2005 à Sainte Lucie comme point de transit vers les Antilles Françaises mais sans que les chiffres soient disponibles.

En République Dominicaine, depuis 10 ans, les autorités n’ont plus accordé le droit d’asile aux réfugiés-es, pour la plupart des Haïtiens-Haïtiennes, selon les informations du Service Jésuite aux Réfugiés et Migrants.

Deux organismes publics sont responsables à Santo Domingo, du traitement des demandes d’asile. Il s’agit de l’Office National pour les Réfugiés (ONR), organisme chargé de recevoir la documentation des demandeurs d’asile et la Commission Nationale des Réfugiés (CONARE), chargée d’étudier les dossiers. Depuis 10 ans, la CONARE a pratiquement laissé sans examen, l’ensemble des dossiers qui lui ont été soumis, soit 237 cas documentés selon les statistiques du Haut Commissariat des Nations-Unies aux Réfugiés. Fin 2005, trois(3) demandes ont finalement été accordées, dont un seul concernait une famille d’Haïtiens.

Dans un point de presse tenu à Santo Domingo, en février 2005, l’Union des Réfugiés Haïtiens en République Dominicaine (URHERD) avait dénoncé les tracasseries administratives subies par les personnes qui introduisent une demande d’asile dans ce pays. « L’exigence est faite de verser 250 pesos en échange d’un formulaire que nous devons renouveler chaque 2 mois », expliquait un représentant de l’association, ajoutant : « Ce papier est sans valeur car il ne nous protège guère des arrestations suivies de déportations ». En ce sens, l’URHERD avait lancé un appel au HCR en vue d’une assistance légale en faveur des réfugiés-es haïtiens en République Dominicaine.



Pour la région d’Amérique du Nord :
Environ 6,600 Haïtiens-Haïtiennes avaient introduit une demande d’asile aux Etats-Unis d’Amérique en 2003, dont moins de la moitié, 1800, ont vu leurs demandes agréées. Le taux d’approbation des cas d’Haïtiens devant les officiers d’asile politique était de 32% et devant les juges de migration, environ 19% en 2003.

195 Haïtiens-Haïtiennes avaient produit une demande d’asile au Canada, toujours en 2003 ; 140 ont pu l’obtenir.

Extrait du rapport du GARR pour 2005 sur la situation des immigrants haïtiens





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