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En Haïti, un projet pharaonique a échoué face à l’hostilité des habitants

30/04/2019

L’Ile-à-Vache, à 10 kilomètres de la côte sud du pays, devait devenir une vitrine touristique pour les autorités de Port-au-Prince.

Il faut imaginer l’hélicoptère se posant dans les broussailles et Sweet Micky, chanteur haïtien populaire, qui en descend. Le sentier s’enfonce sous les manguiers, puis, sans prévenir, débouche sur une anse de sable lisse. Mer éblouissante, vert acidulé des palmiers, pas un humain dans le paysage, sauf une silhouette ou deux. C’est l’Ile-à-Vache, pure et candide, à 10 kilomètres de la côte sud d’Haïti.

Vous réalisez où vous êtes ? Vingt plages, 45 km2, deux fois la taille de Saint-Barth, mais « vierge, non exploitée, une des dernières îles au trésor des Caraïbes », s’émerveilleront bientôt les plaquettes du ministère du tourisme haïtien. Précisons que Sweet Micky n’est pas seulement chanteur. De son vrai nom Michel Martelly, il vient de remporter l’élection présidentielle à Haiti. On est en mai 2011, le tremblement de terre et ses 200 000 morts remontent à l’année précédente.

Devise du nouveau quinquennat : « Haïti is open for business ». Mais appâter des investisseurs n’est pas une mince affaire dans le pays le plus pauvre de la zone, régulièrement ravagé par divers cataclysmes, naturels ou politiques. Il faudrait faire rêver, un projet à la fois juteux et glamour : l’Ile-à-Vache, par exemple. D’autant que sa situation géographique la préserve « des tumultes du continent, un havre de paix », jurent les communicants. La fable paraît connue d’avance : une petite île trop belle dévorée par les requins du tourisme. Erreur. Huit ans plus tard, le nombre de voyageurs – pourtant modeste – s’est effondré. Et la discrète Ile-à-Vache est devenue un symbole de l’Etat corrompu dans les manifestations qui soulèvent le pays depuis huit mois.

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