Adhérents
devenez adhérent
Recherche

De grands défis en 2019, après une sombre année 2018 en Haïti

04/01/2019

Vie chère et décote de la gourde vis-à-vis du dollar américain, insécurité, lutte contre l’impunité et contre la corruption, notamment sur le dossier PetroCaribe de l’aide vénézuélienne à Haïti, mouvements de protestation antigouvernementale, élections pour le renouvellement du personnel politique : tels devraient être les faits marquants dans la vie socioéconomique et politique dans la république caribéenne, pour les 12 mois à venir, relève l’agence en ligne AlterPresse.

Confrontés à une réduction, de plus en plus drastique, voire à l’érosion de leur pouvoir d’achat, les agentes et agents économiques ont des anticipations négatives pour la nouvelle année 2019, tant les prix de divers biens continuent de grimper, en différents points sur le marché national, dépassant le niveau de 15% calculé par les spécialistes.

Ils déclarent être de plus en plus appauvris, vu qu’il n’y a pas de réponse institutionnelle appropriée à leurs besoins d’êtres humains.

Le niveau de salaire minimum journalier de référence, fixé par les autorités, à compter du 1er octobre 2018, à 500.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 78.00 gourdes ; 1 euro = 93.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.70 gourde aujourd’hui) - 420.00 gourdes dans la branche textile de la sous-traitance - par journée de huit (8) heures de travail, ne peut, en aucune façon, répondre au coût de plus en plus exhorbitant de la vie.

Les réclamations des ouvrières dans la sous-traitance sont carrément méprisées, au profit d’emplois précaires, n’ayant aucune incidence sur le Produit intérieur brut (Pib).

L’année 2018 a été caractérisée par un marasme sans précédent. De la morosité a été observée partout.

Contrairement aux années précédentes, le grand commerce a éprouvé, à la fin de 2018, beaucoup de difficultés à commander et à distribuer les exemplaires du nouveau calendrier 2019, exemplaires de nouvelle année généralement offerts gratuitement aux clientes et clients.

Le dollar américain prend encore plus de valeur face à la monnaie nationale, la gourde. Le taux de dépréciation est actuellement de 78.00 gourdes pour un dollar américain, atteignant même les 80 - 81 gourdes chez certaines commerçantes et certains commerçants.

La montée des actes de banditisme reste une préoccupation pour les citoyennes et citoyens, particulièrement dans la capitale, où divers quartiers sont contrôlés par des gangs armés.

Les revendications sociales sont telles que plusieurs axes routiers, y compris les routes nationales, peuvent être bloqués à tout bout de champ par des protestataires.

Au sein de la population, beaucoup évoquent une absence criante d’institutions étatiques dans la gestion pertinente et appropriée des services publics, comme la collecte régulière des immondices et autres déchets.

La planfication institutionnele fait également défaut en ce qui concerne des dispositions de prévention de désastres, provoqués par les tremblements de terre et les intempéries. Chaque fois qu’il pleut, c’est l’inquiétude quant à l’éventualité de pertes en vies humaines et en biens matériels.

De noveaux soubresauts politiques, voire de nouvelles turbulences, risquent d’avoir lieu au cours de l’année 2019, devant le refus des autorités à satisfaire les revendications fondamentales en matière de droits humains.

A côte de l’impunité, dont bénéficient les potentats, les citoyennes et citoyens ne cessent point de s’offusquer du train de vie des dirigeants politiques, qui tendent à vouloir augmenter les taxes sur les contribuables, sans allocation de services publics adéquats aux communautés.

D’autres mouvements sont annoncés pour exiger des comptes sur la gestion de plus de 3 milliards de dollars américains du programme PetroCaribe d’aide vénézuélienne à Haïti.

A la fin de l’année 2019, sont prévus des scrutins au niveau législatif, municipal et des collectivités territoriales des sections communales, pendant que des suspicions pèsent sur l’attribution de la mise en place de données d’identification citoyenne à une firme européenne…

L’improvisation et l’amateurisme restent les notes dominantes.

Pas de structures institutionnelles d’accompagnement et d’encadrement de la paysannerie, livrée à elle-même dans les efforts de production agricole et d’approvisionnement des différentes couches en produits essentiels.

A un autre niveau, des interrogations sont soulevées quant à l’atteinte des objectifs essentiels en éducation et en santé, tant les perturbations sont imprévisibles en milieu scolaire et les dispositions institutionnelles sanitaires trop déficientes.



Partager