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Les conditions d'études se dégradent inexorablement en Haïti

19/12/2017

Les conditions d'études se dégradent inexorablement en Haïti

Alterpresse - 18 décembre 2017

Les conditions d’études se sont totalement dégradées en Haïti, selon les observations du professeur d’Université Ilionor Louis, lors d’une conférence-débats, à laquelle a assisté AlterPresse.

La plupart des étudiantes et étudiants des universités et écoles supérieures haïtiennes manquent de tout et sont loin de pouvoir satisfaire leurs besoins primaires et académiques, fait remarquer le docteur en sociologie lors de cette conférence, tenue le jeudi 14 décembre 2017 à l’Université épiscopale d’Haïti, à Port-au-Prince.

Face à une assistance, composée essentiellement d’étudiantes et d’étudiants, le professeur a critiqué les mauvaises conditions d’études à travers le pays, se référant à une enquête qu’il a réalisée autour de la condition étudiante en Haïti dans 4 villes : Port-au-Prince (Ouest), Gonaïves (Artibonite, Nord), Port-de-Paix (Nord-Ouest) et Limonade (Nord).

Cette enquête révèle combien les étudiantes et étudiants des Universités en Haïti font face à un manque d’accès à l’alimentation, au logement, aux bibliothèques, aux transports, aux soins sanitaires et aux loisirs.

Beaucoup d’étudiantes et d’étudiants sont toujours en difficulté pour photocopier des documents, pour rédiger et imprimer des devoirs, faute d’argent, indique le sociologue.

Présent dans l’assistance, le professeur Osée Olibri, de l’Université d’Etat d’Haïti (Ueh), approuve les remarques de son collègue. Il estime qu’il n’y a pas de véritable prise en charge de l’éducation en Haïti par les secteurs privé et public.

Il souligne que le loisir est absent dans le milieu universitaire haïtien, alors qu’il constitue une condition psychologique essentielle pour le bon apprentissage.

Le professeur Louis recommande l’élaboration d’une loi sur le salaire minimum à attribuer à celles et ceux, qui ont une formation universitaire.

Il estime que le salaire des licenciés devrait être fixé à un minimum mensuel de 50 mille gourdes et celui des étudiantes et étudiants finissants à 20 mille gourdes par quinzaine, soit 40 mille gourdes par mois (Ndlr : US $ 1.00 = 65.00 gourdes ; 1 euro = 81.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 gourde aujourd’hui).

Cette loi devrait servir de référence aux employeuses et employeurs pour l’emploi d’une étudiante finissante, d’un étudiant finissant, d’une licenciée ou d’un licencié.

Une carte de transports, un parc de logement pour les étudiantes et étudiants, la création d’un système de bourses dans les universités privées sont parmi les autres recommandations, faites par Ilionor Louis.

L’Université d’État d’Haïti, principal établissement d’enseignement supérieur, est en crise. Les portes de plusieurs entités de l’Université d’état d’Haïti (Ueh), dont les Facultés des sciences humaines (Fasch) et d’ethnologie (Fe), demeurent fermées depuis des mois.

La Fe a été fermée le 12 juin 2017, après que le véhiculé du doyen de la faculté, Jean Yves Blot, a heurté l’étudiant John Roc Gourgueder Jean, qui a été hospitalisé.

L’incident s’est produit après une vive discussion entre le Conseil de la Fe et les étudiants, qui protestaient contre la décision d’expulser certains de leurs camarades.

Une commission d’enquête, mise sur pied par le Rectorat de l’Ueh, a retenu la thèse d’une « tentative d’agrippement acrobatique de la victime au minibus », qui aurait abouti à cet incident.

L’étudiant John Roc Gourgueder Jean se trouvait « effectivement en dehors du champ de vision direct du responsable, qui ne pouvait éviter l’accident », a-t-elle soutenu.



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