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Fin du statut spécial accordé par les États-Unis

21/11/2017

Fin du statut spécial accordé par les États-Unis

La suppression d'un statut spécial accordé aux Haïtiens résidant illégalement aux États-Unis depuis le tremblement de terre de 2010 a été annoncée hier, les autorités américaines estimant que la situation dans le pays le plus pauvre de la Caraïbe ne justifiait plus cette protection.

« Après avoir passé en revue les conditions dans lesquelles le pays avait initialement obtenu ce Statut de Protection Temporaire (TPS), la ministre par intérim de la Sécurité intérieure (DHS) Elaine Duke a établi que ces conditions extraordinaires mais temporaires (...) n'existaient plus », a expliqué le DHS dans un communiqué.

«Depuis le tremblement de terre de 2010, le nombre de personnes déplacées en Haïti a diminué de 97%. Des mesures importantes ont été prises pour améliorer la stabilité et la qualité de vie des citoyens haïtiens», détaille le DHS expliquant qu'à compter du 22 juillet 2019 le statut de protection temporaire ne serait plus valable.

Ce statut permettait aux Haïtiens de rester sur le sol américain après l'expiration de leurs visas et de travailler légalement. «Le délai de dix-huit mois permettra aux personnes bénéficiant du TPS d'organiser leur départ ou de réclamer, si elles y sont éligibles, un statut migratoire légal. Cela donne aussi à Haïti le temps de préparer le retour et la réintégration de ses citoyens», a estimé le minstère.

Le tremblement de terre du 12 janvier 2010 a tué des dizaines de milliers de personnes. Les ouragans, les turbulences politiques et une épidémie de choléra ont depuis entravé la reconstruction de l'île.
En mai 2017, le DHS avait déjà fait savoir que compte tenu des "progrès considérables" réalisés en Haïti, le statut spécial ne serait "probablement pas étendu au-delà de six mois". Début novembre, le chef de la diplomatie américaine Rex Tillerson avait informé Elaine Duke que les conditions économiques et sécuritaires en Haïti ne nécessitaient plus que ses ressortissants restent sur le sol des États-Unis.

La décision annoncée hier par le ministère américain a outré Steve Forester, de l'Institut pour la justice et la démocratie à Haïti. « C'est une honte. C'est complètement inapproprié compte tenu des conditions en Haïti », a-t-il regretté. « Cela va déstabiliser Haïti et c'est mauvais pour les États-Unis ».



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