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Diaporama. Prières d’Haïti

12/10/2017

Diaporama. Prières d’Haïti

Chaque jour, des dizaines d’Haïtiens de toutes confessions se rendent sur la colline de Ti Pinski. Au milieu des cactus et des roches, ils prient et rêvent de meilleurs lendemains. Le photographe belge Thomas Freteur les a rencontrés.

Il aurait pu ne jamais s’arrêter au pied de cette colline, située un peu à l’écart de la route qui mène de la ville des Gonaïves à celle de Cap-Haïtien, dans le nord-ouest d’Haïti. Il aurait pu ne jamais prêter attention aux silhouettes éparpillées sur les quelques hectares formant le lieu-dit Ti Pinski. Mais Thomas Freteur a, selon ses propres dires, toujours été intrigué par “les détails du quotidien, les choses un peu décalées”.

Un jour, il a donc arrêté sa moto pour aller voir de plus près ce qu’y faisaient de petites assemblées de croyants (les “prieurs” qui ont donné son titre à la présente série de photographies). Sur place, le paysage est “lunaire”, commente Thomas Freteur. On n’y trouve ni église ni aucun autre type de construction en dur : Ti Pinski est un lieu de culte sauvage.

Équipé d’un appareil argentique hérité de son grand-père, le photographe belge est revenu sur place quatre jours d’affilée. Arrivé au petit matin, il a vu défiler entre cinquante et cent pèlerins chaque jour. Seuls ou à plusieurs, appartenant à différentes Églises protestantes ou catholiques, ceux-ci viennent d’abord chercher le calme. “Il faut savoir qu’à Haïti le silence est rare. Se retrouver dans des lieux comme celui-ci permet aux gens de se recentrer, d’être en connexion directe avec la terre et le ciel, et de se recueillir au nom de leurs différents dieux dans une certaine intimité.”

À Ti Pinski, on danse, on prie, on médite et on dort aussi parfois, emporté par la sérénité du lieu. Certains entrent en transe en lisant des extraits des Évangiles sur leur smartphone. Ceux qui viennent là “ne le disent pas, mais tous sont un peu vaudouisants”. Ce sont “en général des gens qui n’ont pas grand-chose, des personnes assez pauvres qui ont vraiment besoin de croire que tout ira mieux demain”, précise le photographe. Lui-même dit avoir ressenti “l’énergie particulière” de ce lieu dont personne ne semble vraiment savoir pourquoi il a été investi par les croyants (certains disent qu’un pasteur à la personnalité marquante serait né là il y a une quarantaine d’années, mais “ce sont peut-être des histoires”). “Quand on se trouve au sommet de la colline, rapporte Thomas Freteur, on a un point de vue à 360 degrés sur les montagnes alentour. Assister au lever du soleil là-bas, c’est avoir un peu l’impression qu’un nouveau monde se lève.” Et que renaît l’espoir.

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