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Démantèlement syndical

26/07/2017

 Des organisations syndicales internationales dénoncent un démantèlement syndical

Article paru sur Alterpresse le 22/07/17

La Confédération internationale syndicale (Csi) et la Confédération syndicale des travailleurs et travailleuses de l’Amérique (Csa) dénoncent une opération de démantèlement syndical en Haïti, où les ouvriers sont en lutte pour une augmentation du salaire minimum journalier à 800.00 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 65.00 gourdes ; 1 euro = 78.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 aujourd’hui).

Elles condamnent aussi les graves violations des droits des travailleurs haïtiens des entreprises des zones franches d’exportation, dans une lettre conjointe en date du mercredi 19 juillet 2017, adressée au titulaire du Ministère des affaires sociales et du travail (Mast) (Roosevelt Bellevue) et dont AlterPresse détient une copie.

Ces organisations dénoncent les violations des conventions de l’Organisation internationale du travail (Oit) dans les entreprises Interamerican wovens (Iw) et Sewing international Sa (Sisa), où près de 200 travailleuses et travailleurs ont été révoqués.

Elles demandent que l’ensemble des travailleuses et travailleurs, révoqués depuis le mois de mai 2017, soient réintégrés.

Les membres du bureau exécutif du syndicat d’Interamérican wovens révoqués doivent être également réintégrés sans condition.

« Leur non réintégration ne ferait que confirmer la ferme volonté de démantèlement, pur et simple, du syndicat dans l’entreprise », soutiennent-elles.

Un dialogue social doit être établi entre les parties qui contribuent à l’économie en Haïti, suggèrent-elles.

Ces organisations exigent au gouvernement haïtien d’assumer ses obligations en matière de liberté syndicale, avec toutes les garanties légales qui découlent des conventions de l’Oit.

Promouvoir une culture de dialogue en sanctionnant les dérives verbales des autorités, dédommager les travailleurs et travailleuses victimes des impacts de la répression policière durant les mobilisations entamées depuis le mois de mai sont autant d’exigences faites au pouvoir en place.

Les organisations critiquent l’intransigeance et le refus du secteur patronal de parvenir à des accords négociés sur de meilleures conditions de travail et de salaire et l’ingérence du gouvernement dans un certain nombre d’affaires syndicales.

Elles soulignent également qu’au lieu de procéder à l’augmentation du salaire minimum à 800 gourdes (Ndlr : US $ 1.00 = 65.00 gourdes ; 1 euro = 78.00 gourdes ; 1 peso dominicain = 1.60 aujourd’hui), le Conseil supérieur des salaires (Css) a ajouté 35 gourdes sur le salaire de misère actuel qui est de 300 gourdes.

Cette augmentation ne peut, en aucun cas, faire le contrepoids à l’augmentation du coût de la vie, poursuivent-elles.

Les syndicats ouvriers, qui revendiquent depuis le mois de mai 2017, dans un contexte de cherté de la vie, observée suite à l’augmentation des prix des produits pétroliers sur le marché national (prix de produits pétroliers qui n’ont subi aucune hausse sur le marché international), annoncent de nouvelles mobilisations, le lundi 24 juillet 2017, en vue de réclamer un ajustement du salaire minimum journalier à 800.00 gourdes.

Des négociations entre l’exécutif et les syndicats ouvriers sont en cours en vue de trouver une issue à la crise sociale, secouant la branche textile.

Du lundi 10 au mercredi 12 juillet 2017, des milliers d’ouvrières et d’ouvriers de la sous-traitance ont défilé dans les rues de la capitale Port-au-Prince, pour réclamer une augmentation de salaire à 800 gourdes.



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