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La Norvège réaffirme son soutien à Haïti

29/06/2017

 La Norvège réaffirme son soutien à Haïti


La secrétaire d'État norvégienne, Laila Bokhari, était dans nos murs les 26 et 27 juin écoulés pour une visite de 48 heures. Au cours de cette visite, elle a rencontré plusieurs ministres et effectué un déplacement dans le Sud pour évaluer, dit-elle, l’impact du partenariat à long terme de la Norvège avec Haïti et avec divers partenaires (les Nations unies et d’autres entités).

« L’objectif de cette visite est de rencontrer et d’établir un dialogue avec le nouveau leadership politique de ce pays. Nous avons eu des discussions intéressantes […] Nous avons des rapports étroits avec Haïti et nous avons établi le cadre d’un dialogue politique pour saisir l’opportunité de discuter d’intérêt de nos deux pays », a déclaré Laila Bokhari, lors d’une interview exclusive accordée au journal, lundi en fin d’après-midi, en marge de cette visite. « Nous sommes toujours ouverts au dialogue », a-t-elle poursuivi, précisant que l’objectif du dialogue avec les autorités haïtiennes consiste à renforcer le lien avec le leadership politique. « Nous sommes là aussi pour comprendre les directives, les orientations du gouvernement […] Nous devons travailler en collaboration avec le gouvernement […] Nous sommes heureux de voir que le leadership est prometteur ici », a fait savoir Laila Bokhari qui en est à sa première visite en Haïti.

« C’est ma première visite ici en Haïti », a souligné la secrétaire d'État de la Norvège, confiant qu’elle a beaucoup d’amis et de collègues qui collaborent avec Haïti ainsi que des connaissances qui ont perdu leurs vies pendant le séisme. « Nous avons un rapport en développement avec Haïti depuis de nombreuses années, particulièrement dans le domaine du développement », a-t-elle fait remarquer par la suite, indiquant que la présence de la Norvège était très forte après le tremblement de terre de 2010 et suite du passage de l’ouragan Matthew en octobre dernier.

« Depuis 2011, nous avons concentré nos efforts dans le Sud », a fait savoir la Norvégienne. C’est donc sans surprise qu’elle a effectué mardi un déplacement dans le Sud d’Haïti afin de mieux comprendre les défis rencontrés par les communautés locales de la région suite aux conséquences dramatiques de l’ouragan Matthew. Cette visite a donc permis à la secrétaire d'État de se rendre compte des résultats des projets financés par la Norvège dans la région.

« La Norvège est un soutien clé d’ONU Environnement et ses partenaires en Haïti depuis de nombreuses années. Haïti est un des pays prioritaires pour l’aide au développement norvégienne, l’accent étant mis sur les secteurs de l’environnement, de l’énergie et de l’éducation », a rappelé Laila Bokhari. Outre la secrétaire d'État norvégienne, la délégation était composée entre autres du ministre de l’Agriculture, Carmel André Béliard, du coordonnateur résident de l'ONU en Haïti, El Mostafa Benlamlih, du responsable d’ONU Environnement en Haïti, Matti Lehtonen et du représentant de l’OIT en Haïti, Ramiro Pizarro. « La Norvège est là pour accompagner le gouvernement d’Haïti dans le développement résilient de la région grand Sud, tout particulièrement suite à l’ouragan Matthew », a déclaré Laila Bokhari, après s’être rendue à Pointe-Abacou, à Saint-Jean du Sud, une des neuf aires marines protégées établies par le gouvernement d’Haïti en 2013 avec le concours de la Norvège et d’ONU Environnement.

Un communiqué relatif à ce déplacement dans le Sud dénote l'implication des communautés locales dans l'élaboration d’un plan de gestion des aires protégées pour Pointe-Abacou qui prévoit une économie vert et bleu dans la région (pêche, apiculture), ainsi que la réhabilitation d'écosystèmes essentiels, comme les mangroves. Parallèlement au développement du plan, poursuit le communiqué, ONU Environnement a déjà créé des opportunités d’emplois dans les secteurs du reboisement côtier, de l’apiculture autour des mangroves et de la réhabilitation de bateaux de pêche. La délégation s’est également rendue à Torbeck où le Bureau international du travail aide des jeunes à trouver un emploi en dehors de la sphère traditionnelle des travaux domestiques. Environ 400 adolescents bénéficient ici de formation en agroforesterie, transformation alimentaire, agriculture et élevage grâce aux partenaires du projet, l’organisation AVSI et l’Université Notre-Dame d’Haïti.

« Nous sommes conscients que nous sommes un petit pays. Il est important pour nous de concentrer nos efforts dans des domaines où nous pouvons faire une différence énorme. C’est pour cela que nous avons décidé de nous consacrer à la région géographique du Sud », a confié Laila Bokhari à la rédaction. Évoquant le retrait de la MINUSTAH après 13 ans de mission sur le sol haïtien, la secrétaire d'État a tranché en ces termes : « Toute mission a une fin. Vous avez maintenant un nouveau leadership ici en Haïti et je souhaite que ce nouveau leadership puisse relever les défis, remplir les vides que laissera cette mission. Il y aura probablement des moments difficiles. Nous estimons que le moment est enfin venu pour que le leadership haïtien prenne sa responsabilité », a-t-elle ajouté, soulignant que la Norvège a contribué à la mission du maintien de la paix en Haïti en fournissant des contingents de conseillers en matière politique et sécuritaire et en sensibilisant à la violence axée sur le genre. La Norvège, petit pays d’Europe du Nord, très prospère et comptant parmi les pays les plus riches du monde, consacre environ 1% de son PIB à l’aide internationale.

« Nous sommes engagés aux côtés de nombreux pays dans le processus de paix. Nous croyons au système multilatéral, nous essayons d’être un partenaire international actif. Nous sommes un petit pays mais un petit pays très engagé à tous les niveaux », a souligné Laila Bokhari. Sur le plan bilatéral, a-t-elle poursuivi, l’enveloppe allouée par la Norvège s’élève entre 12 et 13 millions d’euros par année. « Sur le plan multilatéral, c’est plus difficile à quantifier parce que nous œuvrons à travers le système des Nations unies sur différents projets dans différents domaines et à travers la Banque mondiale qui finance certains projets en Haïti ». Ayant maintenant un ambassadeur plénipotentiaire accrédité dans le pays, la secrétaire d’État a donné la garantie formelle que la Norvège continuera à maintenir de bonnes relations avec Haïti. « Nous espérons sortir du domaine humanitaire pour progresser vers le progrès à long terme », a-t-elle conclu.



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