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L'ONU "responsable mais pas coupable"

22/03/2017

 Haïti : L'ONU "responsable mais pas coupable"

Jacques Hubert-rodier / Editorialiste diplomatique Les Echos - 22 mars 2017

Les Nations unies sont-elles en train de reprendre pour l'épidémie de choléra en Haïti le « responsable mais pas coupable » de Georgina Dufoix lors de l'affaire du sang contaminé. Si l'on en croit le « New York Times », « l'ONU donne aujourd'hui une leçon sur la façon d'éviter la responsabilité morale ». De fait, l'organisation s'est déclarée « terriblement inquiète » de l'épidémie de choléra qui depuis 2010 a fait plus de 9.000 morts et a affecté 800.000 personnes, et souhaite l'éradiquer. Mais sans préciser la façon d'y parvenir ni comment cela sera financé.

Or c'est bien l'ONU qui a provoqué cette épidémie. Elle a été introduite par un bataillon de la Mission des Nations unies pour la stabilisation en Haïti (Minustha) venu du Népal. Un pays où le vibrion de la maladie est très répandu. En Haïti la contamination a été provoquée en 2010 par des eaux usées contenant des matières fécales qui se sont déversées dans un affluent de l'Artibonite. En décembre dernier, les Nations unies ont finalement fait des excuses et promis d'agir. Le nouveau secrétaire général de l'ONU, António Guterres, va devoir désormais appliquer le plan de son prédécesseur Ban Ki-moon.

Mais, sur les 400 millions de dollars promis, seulement 2 millions ont été versés par la Corée du Sud, la France, le Chili, l'Inde et le Liechtenstein. Mais pas par les Etats-Unis. Ce qui n'est pas une surprise pour le journal alors que le président Trump veut réduire l'aide publique au développement, tout en faisant la leçon aux autres pays qui ne remplissent pas leurs obligations. « Pendant ce temps, Haïti souffre », rappelle le journal.

Il est certain qu'António Guterres a une tâche difficile pour réussir et obtenir le soutien des pays membres de l'ONU et de philanthropes. En attendant il envisage de réduire progressivement la présence de la Minustha.

J. H.-R.



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