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Pourquoi organiser un festival de littérature en Haïti ?

30/11/2016

Pourquoi organiser un festival de littérature en Haïti ? 

Paru sur Le NouveObs le 30 novembre 2016

Parce que «l’homme n’est jamais seul alors que je vous parle et que vous m’écoutez».

Parce qu’en Haïti la littérature reste un lieu de mise en discussion des affaires du monde et que les exigences esthétiques qui se posent à l’œuvre ne sont pas en contradiction avec ce qu’elle peut dire du réel.

Parce que, non réductible aux séismes et cyclones, la réalité haïtienne est faite de malheurs et de joie, d’injustice sociale et de désir de vivre ensemble. La rencontre avec le public, la jeunesse, les écrivains haïtiens devrait permettre aux écrivains et aux journalistes étrangers de mieux comprendre, de revenir plus riches, de sortir des clichés et de la caricature.

Parce que, « la littérature haïtienne », ce n’est pas lui ou elle que l’on connaît en France, mais foisonnement de recueils de poésie et d’œuvres de fiction dans deux langues (créole et français). Il est temps que la connexion cesse d’être un privilège afin que nul arbre ne cache la forêt.

Parce que ce qui s’écrit dans le monde n’arrive pas dans les quartiers pauvres et dans les établissements scolaires d’Haïti. Les littératures du monde n’entrent que chez quelques uns. Il convient d’en amener au moins des fragments dans les provinces haïtiennes et chez les jeunes qui n’ont pas de livres.

Parce que, en Haïti, si la littérature est porteuse de rêve, elle n’est pas affaire de fuite. Tous les moments lui sont propices pour interroger le réel, le décrire, et pour porter la nécessaire révolte contre ce qui aliène, soumet, déshumanise.

Pour toutes ces raisons, dans Port-au-Prince, les Cayes, Cap Haïtien,dans une vingtaine d’établissements scolaires, une cinquantaine d’écrivains haïtiens et étrangers participent à une quarantaine de débats, tables rondes et cafés littéraires du 1er au 3 décembre.

Oui. « L'homme n’est jamais seul alors que je vous parle et que vous m’écoutez.»*



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