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Haïti : le nouveau gouvernement validé

25/03/2016

Haïti : le nouveau gouvernement validé

25 mars 2016


Le Parlement haïtien a validé, dans la nuit de hier à aujourd'hui, la composition du nouveau gouvernement à une écrasante majorité, permettant au pays d'envisager la reprise du processus électoral suspendu en janvier. La politique générale du nouveau premier ministre Enex Jean-Charles a été validée à l'unanimité par les sénateurs jeudi après-midi. Après plusieurs heures de débat, 78 députés ont finalement, dans la nuit, voté en faveur du gouvernement. Un seul parlementaire a voté contre. Deux députés se sont abstenus.

A l'issue de ce vote, Enex Jean-Charles s'est dit "conscient de la lourdeur de la tâche" qui l'attend alors que le pays est plongé dans une profonde crise alimentaire, que l'insécurité gangrène la vie quotidienne de la capitale et que le climat politique est problématique à la suite du report sine die des élections prévues en janvier. Choisi par le chef de l'Etat provisoire Jocelerme Privert, Enex Jean-Charles, 55 ans, est une figure connue mais discrète de la scène politique nationale: ce professeur de droit administratif à l'université d'Etat d'Haïti a été conseiller des trois présidents qui se sont succédé depuis 2006.

L'approbation par le Parlement du gouvernement, composé de 15 ministres, constitue une étape majeure dans la vie politique nationale. Le président provisoire attendait ce vote favorable pour publier officiellement la liste des membres du nouveau Conseil électoral provisoire (CEP), l'administration chargée de l'organisation des scrutins. Haïti est plongée dans une crise politique profonde depuis que le processus électoral a été suspendu en janvier, en raison des accusations de l'opposition dénonçant un "coup d'Etat électoral" fomenté par Michel Martelly.

En raison du report sine die du second tour de la présidentielle, Jocelerme Privert, à l'époque président du Sénat, a été élu président provisoire le 14 février par le Parlement. Au premier tour du scrutin présidentiel, le 25 octobre, le candidat du pouvoir, Jovenel Moïse, avait recueilli 32,76% des voix, contre 25,29% pour Jude Célestin, qui a qualifié ces scores de "farce ridicule".
Le nouveau Premier ministre a assuré que "son gouvernement exhorterait le conseil électoral provisoire, sitôt installé, à lui soumettre un calendrier raisonnable à la hauteur des attentes de tous les acteurs impliqués."

Le temps presse pour le pouvoir exécutif car son mandat, défini par l'accord de sortie de crise signé début février entre le président Michel Martelly et le Parlement, est limité à 120 jours. Mais la tenue des élections en Haïti d'ici au mois de mai paraît impossible : il avait fallu plusieurs mois au précédent CEP pour finaliser l'organisation des scrutins avortés.

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