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Haïti : les élections reportées «pour des raisons de sécurité»

22/01/2016

Haïti : les élections reportées «pour des raisons de sécurité»

Les deuxièmes tours de l'élection présidentielle du 25 octobre et des législatives du 9 août devaient se tenir dimanche 24 janvier 2016. Mais le climat de contestations tous azimuts et de manifestations a poussé les autorités à reporter le scrutin.

Le 7 février 2016, Michel Joseph Martelly devait céder la place à un nouveau président. Mais ce processus électoral, 30 ans après la fin de la dictature des Duvalier, a soulevé tant de polémiques que le Conseil électoral provisoire a décidé de le reporter.

Cinq organisations chargées de contrôler le déroulement du processus électoral avaient «pris acte de la décision du Conseil électoral provisoire (CEP) de compléter les législatives et d'organiser à tout prix le deuxième tour des élections présidentielles avec un seul candidat à la présidence (celui du pouvoir), le 24 janvier 2016…» Dans un communiqué, publié le 18 janvier, elles exprimaient leur refus de siéger dans les bureaux de votes et réclamaient l'arrêt du processus électoral. Elles ont donc finalement été entendues.


Le retrait du candidat de l'opposition

Une résolution du sénat exigeait l'annulation du scrutin dont le premier tour a été ponctué de violences et entaché de fraudes et d'irrégularités.

Le candidat de l'opposition, Jude Célestin, arrivé en deuxième place le 25 octobre avec 25,29% des voix après un recomptage, avait déclaré officiellement, lundi, ne pas vouloir participer à ces consultations qu'il qualifie de «farce ridicule». Mais le Conseil électoral provisoire (CEP) disait n'avoir reçu une notification du retrait du candidat de la Ligue alternative pour le progrès et l'émancipation haïtienne (LAPEH). Seul Jovenel Moïse, arrivé en tête avec 32.76% des suffrages, et représentant du parti PHTK, soutenu par le pouvoir en place, continuaient à mener campagne.

La communauté internationale accusée d'ingérence

Habituée à des élections controversées et des élus à la légitimité douteuse, la population haïtienne s'inquiète face à l'issue de ce scrutin. Les Haïtiens se méfient de leurs représentants politiques qu'ils rendent responsables du peu d'amélioration dans leur vie quotidienne six ans après le séisme qui a tués plus de 250.000 personnes dans le pays.

Si certains étaient tentés malgré tout de participer au processus, les menaces de représailles brandies par les opposants les plus déterminés au pouvoir en place les en auraient sans doute dissuadés beaucoup.

Des intellectuels et représentants de la société civile haïtienne ont contesté l'aide internationale qui finance et soutient le processus. La communauté internationale est accusée «d'ingérence» et de ne pas tenir compte de l'avis des observateurs haïtiens qui estiment la souveraineté du pays bafouée.

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