Adhérents
devenez adhérent
Recherche

En Haïti, le second tour de l’élection présidentielle reporté

22/12/2015

En Haïti, le second tour de l’élection présidentielle reporté

Article publié sur La Croix le 22/12/2015

L’élection du successeur de Michel Martelly était prévue dimanche 27 décembre. Ce report doit permettre à une commission d’enquête de faire la lumière sur des accusations de fraude au premier tour.

 

Manifestation qui a réuni entre 2000 et 3000 personnes à Port-au-Prince, dénonçant la fraude et un « coup d’État électoral » lors du premier tour de l’élection présidentielle à Haïti.

La course électorale s’enlise en Haïti. Moins d’une semaine avant le second tour de la présidentielle, prévu dimanche 27 décembre, le Conseil électoral provisoire (CEP) en a annoncé, lundi 21 décembre au soir, le report sine die. Cette décision résulte de la création d’une « commission d’évaluation électorale », censée faire la lumière sur les accusations de fraude lors du premier tour, le 25 octobre dernier, lancées par l’opposition.

Dépendant des conclusions de cette instance, la date de la seconde manche devra s’inscrire dans un calendrier serré : la passation de pouvoir entre le président sortant, Michel Martelly, et son successeur, doit intervenir avant le 7 février, d’après la Constitution.

« Un pas dans la bonne direction »

C’est « un pas dans la bonne direction », a réagi Jude Célestin. Arrivé en deuxième position au premier tour avec 25,29 % des voix, cet ancien entrepreneur avait comparé le vote à une « farce ridicule ». Les résultats avaient placé en tête Jovenel Moïse, le candidat du parti au pouvoir, avec 32,76 % des suffrages.

Tout en dénonçant l’ingérence de la communauté internationale, qui a fourni une aide de plus de trente millions de dollars (27,4 millions d’euros) pour l’organisation du scrutin, Jude Célestin réclamait depuis lors la création d’une commission d’enquête. Sous la pression, Michel Martelly, a fini par céder la semaine dernière.

Il n’est pourtant pas dit que le geste du président sortant apaise les tensions. La commission d’évaluation électorale ne satisfait pas les exigences de l’opposition, qui remet son indépendance en question.

Des manifestations violentes

Depuis l’annonce des résultats du premier tour, des manifestations se succèdent, souvent émaillées de violences et d’incidents. L’une des dernières, le 16 décembre, a réuni entre 2 000 et 3 000 personnes à Port-au-Prince, qui dénonçaient un « coup d’État électoral »

Après plusieurs années d’une crise politique qui a empêché la tenue de tout scrutin, Haïti et ses dix millions d’habitants se sont lancés, en août, dans un marathon combinant élections municipales, législatives et présidentielle. Depuis les premières élections libres en 1990, des violences ont toujours accompagné les scrutins dans ce pays.



Partager