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Nouvelle manifestation de l’opposition pour contester les résultats électoraux en Haïti

17/12/2015

Nouvelle manifestation de l’opposition pour contester les résultats électoraux en Haïti

17 décembre 2015

Plusieurs milliers d’opposants ont manifesté, mercredi 16 décembre, à Port-au-Prince contre les résultats du premier tour de l’élection présidentielle du 25 octobre, dénonçant un « coup d’état électoral » au profit du pouvoir en place.

Selon les résultats publiés le 24 novembre par le conseil électoral provisoire (CEP), le second tour du scrutin prévu le 27 décembre, opposera Jovenel Moïse, candidat du parti au pouvoir, à Jude Célestin, de la Ligue alternative pour le progrès et l’émancipation haïtienne (Lapeh).

Lors du premier vote, M. Moïse a recueilli 32,76 % des suffrages, contre 25,29 % à son principal adversaire. L’opposition conteste fermement ces résultats et critique l’ingérence de la communauté internationale, qui a fourni une aide financière substantielle pour l’organisation de ces élections.

« On a conscience qu’on ne peut pas avancer sans l’aide des grands pays, mais ils ne peuvent pas nous imposer des candidats et violer nos droits », s’est ainsi insurgé un manifestant vivant dans un des quartiers défavorisés de la capitale. Ils étaient près de 3 000 à battre le cortège, mercredi, l’un des plus importants rassemblements depuis l’annonce des chiffres du premier tour.

Un léger incident est survenu quand trois Casques bleus ont voulu traverser la foule : leur véhicule a été la cible de jets de pierre et ils ont été exfiltré grâce à l’intervention de policiers haïtiens, qui ont fait usage de grenades lacrymogènes pour tenir la foule à distance.
« Empêcher le pays de sombrer dans le chaos »

Les accusations de fraudes se sont multipliées au fil des jours qui ont suivi le scrutin et l’organisation du second tour de la présidentielle le 27 décembre semble incertaine face aux nombreuses contestations.

Mardi, le Sénat − composé d’un tiers seulement de ses membres, en raison du retard pris sur le calendrier électoral − a écrit au président Michel Martelly pour demander « que soit suspendu le processus électoral jusqu’à ce qu’une commission de vérification ou d’évaluation fasse la lumière sur les nombreuses allégations de tromperies ».

Une telle commission d’enquête est réclamée depuis un mois par l’opposition et est soutenue par Jude Célestin. Dans une lettre adressée au CEP le 15 décembre, celui-ci affirme que « la commission d’évaluation est le passage obligé pour sauvegarder le processus électoral, en garantir l’intégrité et empêcher le pays de sombrer dans une crise sans précédent ».

Le temps presse pour qu’Haïti puisse garantir le maintien de l’ordre constitutionnel : la passation de pouvoir entre Michel Martelly, que la constitution interdit d’effectuer deux mandats consécutifs, et son successeur doit se tenir le 7 février 2016.

Depuis la fin de la dictature des Duvalier en 1986, le pays connaît une crise démocratique émaillée de coups d’Etat et d’élections contestées qui fragilisent le développement économique de l’île encore marquée par le terrible séisme de janvier 2010 qui avait fait plus de 200 000 morts.

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