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En Haïti, l’ex-président Jean-Bertrand Aristide rompt le silence

01/10/2015

En Haïti, l’ex-président Jean-Bertrand Aristide rompt le silence

L’ancien chef de l’État haïtien, rentré d’exil en 2011, a pour la première fois pris la parole en public mercredi 30 septembre.

Il s’est adressé à ses partisans pour soutenir la candidate de sa formation au scrutin présidentiel du 25 octobre.

Quatre ans après son retour d’exil, l’ancien président haïtien Jean-Bertrand Aristide est sorti de son mutisme. Prenant pour la première fois la parole en public, il a appelé mercredi 30 octobre à la mobilisation en faveur de Maryse Narcisse, candidate de son parti à la présidentielle du 25 octobre.

Monté à l’arrière d’une voiture pick-up, l’ancien chef d’État a galvanisé une foule de quelques milliers de partisans qui avaient attendu de longues heures devant l’entrée de sa résidence, dans la plaine de Port-au-Prince. « Il faut nous mobiliser pour voter démocratiquement pour l’arrivée au Palais National du docteur Maryse Narcisse », a annoncé Jean-Bertrand Aristide, aux côtés de la candidate choisie pour représenter son parti, Fanmi Lavalas, au scrutin présidentiel dont le premier tour se tient le 25 octobre.

Reprenant certains de ses slogans historiques, Jean-Bertrand Aristide a prôné l’union des Haïtiens. « Vous qui êtes victimes de l’insécurité, des abus, de la faim et du chômage et tous les Haïtiens qui sont victimes des rapatriements de Saint-Domingue (NDLR : capitale de la République dominicaine voisine) mobilisons-nous. Riches et pauvres, il faut nous entendre, pour recoudre le drapeau de l’unité », a-t-il lancé.

La date retenue pour peser mercredi dans la course au Palais National, détruit par le séisme du 12 janvier 2010, n’est pas anodine : c’est le 30 septembre 1991 que Jean-Bertrand Aristide, élu président sept mois plus tôt dans la liesse populaire, avait été victime des militaires, le forçant à un premier exil, aux États-Unis.

Évincé par un coup d’État lors de son premier mandat, Jean-Bertrand Aristide a été chassé du pouvoir une seconde fois, en 2004, par une révolte populaire. L’ancien prêtre des bidonvilles, surnommé « Titid », n’est rentré à Port-au-Prince qu’en mars 2011, mettant fin à sept années d’exil en Afrique du Sud. Depuis, il s’était tenu à un devoir de réserve, ne s’exprimant qu’à l’occasion d’une procédure judiciaire à son encontre.

Car plusieurs procédures sont en cours contre lui. Inculpé l’été 2014 pour trafic de drogue et corruption, l’ancien président est également cité dans le dossier de l’assassinat du journaliste Jean Dominique en 2000. Dans le cadre de ces instructions, Jean-Bertrand Aristide est assigné à résidence depuis un an.

Maryse Narcisse n’est pas seule en course pour la présidence, loin s’en faut : pas moins de 54 candidats sont en lice au total pour succéder à Michel Martelly, qui n’a pas le droit de briguer un second mandat consécutif, selon les termes de la Constitution. Pour aider les électeurs, et la diaspora, à y voir plus clair, un débat télévisé et radiodiffusé en Haïti, sera organisé dimanche à Miami, où vit une importante communauté haïtienne.

Cette élection est d’autant plus importante qu’elle survient alors que le pays tente, dans la confusion, de remettre en ordre de marche ses différentes institutions. Pendant plusieurs années, les élections locales et parlementaires n’ont pas pu être organisées.

Le 9 août dernier, le premier tour des législatives, marqué par une participation très faible de 18 %, a été émaillé de violences et de fraudes. Le second tour aura également lieu le 25 octobre, tout comme les élections municipales à tour unique.

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