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Collectif Uni(e)s contre une immigration jetable

28/02/2006

Cette analyse par le collectif "Uni(e)s contre une immigration jetable" se réfère à la version de l’avant-projet présentée au Comité Interministériel de Contrôle de l’Immigration (CICI) du 9 février 2006.

« Deux ans après la loi dite Sarkozy du 26 novembre 2003 modifiant la législation sur l’immigration et l’asile, le gouvernement a décidé de procéder à une nouvelle réforme. Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’une nième modification du statut des étrangers résidant en France. La précédente, présentée comme une merveille de réalisme et d’équilibre, avait pour objectif affiché de lutter contre l’immigration irrégulière, par une prétendue maîtrise des flux migratoires, et d’en finir avec la double peine. Le ministre de l’intérieur entendait alors afficher "fermeté" à l’égard de ceux jugés indésirables et qui profitaient des failles du système pour s’installer dans la clandestinité et "humanité" à l’égard de ceux, victimes de la double peine, qui avaient grandi en France et qui méritaient à ce titre de ne pas être expulsés vers un pays d’origine inconnu. Aucun bilan n’a été réalisé sur les effets de cette loi. Les organisations, dont le rôle consiste à aider, conseiller et accompagner les étrangers et leurs familles dans leurs démarches administratives, savent que la loi a rendu la vie impossible à des milliers de personnes, en remplissant au passage les centres de rétention, sans oublier la multiplication des interpellations fondées sur la couleur de la peau.

Mais cette loi n’a pas suffi. Persévérant dans sa volonté de désigner l’étranger comme le responsable de tous les maux et l’immigration comme Le problème, en sa période préélectorale prompte à générer abus et écarts verbaux, le gouvernement s’apprête à mener une nouvelle bataille destructrice sur le statut des étrangers, en les livrant plus encore au pouvoir discrétionnaire des préfets et à l’arbitraire des maires.

S’inspirant pour partie de la politique européenne, l’avant-projet consacre officiellement une reprise de l’immigration, en l’enfermant dans une approche entièrement utilitariste. Il est censé correspondre au nouveau credo gouvernemental, à savoir stopper l’immigration "subie" et promouvoir une immigration "choisie". Cette réforme n’est pas une réforme de plus : elle constitue une véritable rupture en ce sens que, pour la première fois, on désigne officiellement comme "immigration subie" l’immigration de famille (terme entendu ici largement).

"Uni(e)s contre l’immigration jetable", qui rassemble près de 300 organisations, propose une analyse commune de cet avant-projet, fruit d’une réflexion et d’un travail collectifs. Celle-ci porte sur la dernière version du texte gouvernemental en date du 9 février 2006 présenté en comité interministériel et à la presse. Toutefois, il nous est apparu nécessaire de faire état des évolutions de ce document d’une part parce que le premier document de travail interministériel (en date du 18 décembre 2005) est transparent sur les intentions réelles du gouvernement, d’autre part parce que rien n’indique que ce dernier état des tractations entre les ministères concernés n’évoluera pas encore, notamment au fil des débats parlementaires dans un sens proche de ces intentions originelles.

En tout état de cause, Uni(e)s contre l’immigration jetable entend se battre avec force contre cette réforme qui projette de réduire l’étranger à la force de travail qu’il représente, en niant les droits attachés à sa personne. Ce faisant, le gouvernement poursuit son entreprise de déstabilisation de populations déjà fragilisées par des années de politique aveugle, indigne et méprisant les libertés fondamentales. »

(...)

http://www.gisti.org/doc/actions/2006/ceseda/analyse_Unies_1.html



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